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Air France bascule dans le low cost avec Joon

Air France bascule dans le low cost avec Joon

Un vol Paris-Les Seychelles à 299 euros, puis Paris-Fortaleza au Brésil à 249 euros cet été. Voilà les tarifs imbattables que promet Joon la nouvelle compagnie low cost d’Air France à destination d’abord d’une clientèle jeune. Joon aura aussi pour mission de réduire les coûts d’Air France en se substituant à la compagnie sur ses lignes déficitaires. Des hôtesses et stewards en baskets blanches et doudounes sans manches bleu électrique, du jus de baobab et des casques immersifs Skylight proposés aux passagers, un slogan en anglais « Joon, also an airline «… La nouvelle compagnie à coûts réduits d’Air France, lancée le 25 septembre, se veut résolument jeune et branchée. Egalement plus agressive commercialement, elle vise à reconquérir des parts de marché face aux low cost européennes, mais aussi aux compagnies du Golfe et d’Asie. Ses premières offres donnent le ton : Berlin, Porto, Barcelone et Madrid à 39 euros en aller simple depuis Paris, puis, l’été prochain, les Seychelles à 299 euros et Fortaleza, au Brésil, à 249 euros. Bagage en soute non inclus et une partie de la restauration payante.

TOUCHER LES 18-35 ANS

 Pourtant, « Joon n’est pas une pure low cost, martèle Franck Terner, le directeur général d’Air France. Elle reste une petite soeur d’Air France, avec la même qualité de service et une partie de ses attraits (miles, programme Skypriority, accords commerciaux). On conserve d’ailleurs le principe des classes, business, premium et éco. Mais elle va opérer avec des coûts entre 15 et 18 % moins élevés ». Et c’est là tout le pari de Jean-Marc Janaillac, aux manettes du groupe AF-KLM depuis plus d’un an. Car Joon est un modèle hybride aux ambitions multiples. La nouvelle compagnie doit à la fois se substituer à la maison mère sur certaines lignes longs courriers déficitaires – un récent rapport interne en dénombre 38 %?! –, enrayer les pertes d’exploitation du moyen courrier (279 millions d’euros en 2016), préserver l’alimentation du hub de Roissy et les précieux vols en correspondance, tout en menant une politique de conquête avec de nouvelles lignes et la clientèle des millénial, ces 18-35 ans très à l’aise avec le numérique, adeptes des voyages, mais qui volent peu sur les compagnies nationales. Le tout avec une flotte limitée à 28 appareils, contre plus d’une centaine à Air France. Autant dire que « ce n’est pas Joon toute seule qui va permettre de régler les problèmes de compétitivité d’Air France, pointe Yann Derocles, analyste spécialisé dans les transports à Oddo Securites. Mais c’est un signal positif après la période de grèves et de blocage dans les négociations avec les pilotes notamment. » Ce n’est d’ailleurs pas vraiment dans les cockpits que se feront les économies attendues. Sur les 170 millions d’euros de gains de productivité visés en quatre ans par rapport à la maison mère, la part des pilotes s’élève à 15 millions, contre 62 pour le personnel commercial navigant (PNC).

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