Agriculture Autosuffisance, à quel prix!

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Autosuffisance, à quel prix!

Par : Abdelkader DJEBBAR

Au fur et à mesure que 2018 approche, des membres du gouvernement dressent, chacun de son côté, le bilan de leur département Ministériel. Cette fois-ci, la bonne nouvelle nous vient de l’agriculture dont un haut responsable déclare que « l’Algérie assure plus de 70% de son alimentation par la production nationale, et le défi consiste à cibler les filières stratégiques pour faire face aux besoins alimentaires de base de la population, réduire les importations et relancer les exportations ».

L’Algérie, assure-t-on « dégage aussi des excédents pour certains produits qui lui permettent d’être présente sur le marché international dont les dattes, huile d’olive, produits maraîchers, pomme de terre et fruits”, précise le secrétaire général au ministère de l’Agriculture, du développement rural et de la pêche, Belkacem Chadi.

Entre 2000 et 2016, la production des céréales est passée de 9,3 millions de quintaux (Mq) en 2000 à 34,3 Mq en 2016, en hausse de 268%.

La production nationale en blé dur est passée de 4,86 Mq à 19,3 Mq (+298%), alors que celle du blé tendre a enregistré une hausse de 83% en passant de 2,7 Mq à 5,02 Mq.

S’agissant de la tomate destinée à la transformation industrielle, le pétrole rouge, sa production est passée de 4,7 Mq à 12,3 Mq (+160%), tandis que pour le maraîchage, la production est passée de 33,08 Mq à 131,03 Mq.

Quant à la pomme de terre, sa production est passée de 12,07 Mq à 47,8 Mq entre les deux périodes de comparaison, alors que les dattes ont enregistré une hausse de 182% en passant de 3,6 Mq à 10,2 Mq.

Les viandes ont aussi enregistré une hausse dans leur production en passant de 2,5 Mq à 5,3 Mq (+114%), tandis que les viandes blanches ont atteint 5,1 Mq en 2016 contre 1,9 Mq en 2000.

Pour le lait, il a été produit 3,5 millions de litres en 2016 contre 1,5 millions de litres en 2000 (+127%).

Néanmoins, a-t-il préconisé, cette dynamique de production doit être consolidée par le renforcement des capacités de transformation, de conservation et de stockage sous froid des produits agricoles notamment pour les fruits et légumes.

Aussi, l’amélioration du fonctionnement des circuits de distributions des produits agricoles et alimentaires, a-t-il insisté, doit être encadrée par une organisation interprofessionnelle efficace des filières et par l’avènement de la grande distribution moderne qui devrait induire une transformation positive de toutes les chaînes de valeur des filières agricoles et agro-industrielles.

Par ailleurs, il a fait savoir que la valeur de la production agricole a atteint plus de 3.000 milliards DA en 2016, soit l’équivalent de prés de 30 milliards de dollars, contre 359 milliards de DA (5 milliards de dollars) en 2000, soit une contribution substantielle du secteur de l’agriculture dans le PIB de l’ordre de 12% contre 8% en 2000.

Selon lui, le secteur emploie 1,24 million de travailleurs permanents auxquels s’ajoute l’insertion des jeunes diplômés du secteur avec la création de 22.253 micro-entreprises dans le segment de l’appui aux exploitations agricoles.

Alors, une question de fond se pose d’elle-même quand on fait ne serait-ce que quelques pas dans les différents marchés des fruits et légumes. Pourquoi les prix sont si élevés pour, surtout, les produits les plus courants. À qui doit-on ces malheureux constats, sans parler de la folie des prix pendant des périodes précises, tels que Ramadan et les jours de fêtes, alors que dans  d’autres pays, c’est précisément à l’occasion des fêtes que les prix sont à la baisse ?

A.D

 

 

 

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