Tourisme

ADRAR ET SES MERVEILLES

Mai, décrété par les officiels comme étant le mois du patrimoine. Mais pour les locataires du Touat – Gourara – Tidikelt-Tanezrouft il reste surtout le mois précurseur des grandes chaleurs. Un climat chaud, sec et rude caractérisé par une hausse du mercure qui s’installe entre 45 et 50°C, parfois durant huit mois, accompagné de vents chauds. C’est aussi le mois des Zïarates ou ouâdates. Des manifestations socio religieuses organisées, à tour de rôle, par chacun des Ksar que compte la région. Une manière par laquelle les autochtones rendent un hommage singulier aux Saints Marabouts de leurs localités. Dans ce contexte 391 Zïarates sont célébrées annuellement dans la région. Les plus importantes sont celles du Cheikh Moulay Erregani, du Cheikh Moulay Abdelkrim El Maghili, Moulay Slimane Ben Ali, Cheikh Sidi Mohamed Belekbir.

Cependant, Adrar est la capitale du Touat. Une merveilleuse ville rouge à l’architecture au style néo-soudanais ornée par mille arcades. Le Touat est implanté sur une gigantesque vallée de 200 kilomètres. Où jaillit une chaîne de palmeraies verdoyantes tout le long du tracé du lit d’un Oued asséché. Son flanc Ouest est jalonné par une importante nuée de Ksour, datant du 11 et 13ièmes siècles, partant de Tsabit à Réggane.

Le Gourara célèbre par son envoûtante Oasis Rouge, Timimoun, le chef lieu, se présente sous forme d’une multitude de Ksour jalonnant la lisière Sud du grand Erg Occidental.

Le Tidikelt se situe sur la partie Sud du plateau. Il est moins garni en Ksour dont Aoulef est le centre urbain principal.

Et enfin le ‘’Tanezrouft’’ une appellation Touareg, qui signifie le ‘’vide’’. C’est l’immense espace désertique qui s’étend, sur 700 km, de Réggane jusqu’à Bordj Badji Mokhtar à la limite de la frontière algéro – malienne.

Cependant, cette vaste partie du territoire national recèle un très riche patrimoine matériel et immatériel. Un précieux héritage issu du brassage des populations, venues de divers horizons, qui se sont succédé depuis 30.000 ans, selon les archéologues. Une thèse appuyée par l’existence de nombreuses stations de silex, de tumulus etc. Par ailleurs selon un chercheur historien de l’université africaine on retrouve la trace des Romains dans le Touat avec les villages comme Doudoum (l’actuel Ksar Deldoul), Toukabat (Tsabit), Bunta (Bouda) etc. et que les premières peuplades semi-sédentaires Berbères, les Gétules (Gaetulis). Cependant, les Zénètes seraient les véritables premiers habitants Berbères de la région. Ensuite la présence des juifs avec la grande migration enregistrée, durant la période antique, au cours de la deuxième moitié du 1ier siècle Av. JC.

La wilaya d’Adrar, qui s’étale sur une superficie de près de 450.000 m², dispose parmi son patrimoine historique et culturel de quelques 1402 foggaras, dont presque la moitié serait tarie. Une excellente invention d’un modèle d’irrigation unique témoin de l’existence jadis d’une grande civilisation.

La foggara est un système d’irrigation ancestral de captage et de distribution parfaite de l’eau. Des eaux soutirées du plateaux du Tademaït par des canalisations souterraines, d’une profondeur de 5 à 10 m de la surface du sol, légèrement inclinées pour permettre l’écoulement de l’eau aquifère d’atteindre, par la gravité, les palmeraies situées plus en aval à un niveau inférieur sur plusieurs kilomètres. Elle présente des galeries, qui permettent l’accès aux hommes pour divers usages. En outre, en période de chaleur, elle sert d’abri et devient aussi une source de fraîcheur pour les autochtones et les Oasiens afin d’échapper aux effets du soleil.

C’est un système ingénieux crée par l’homme, depuis la nuit des temps, pour la gestion équitable des ressources hydrique, entre les cultivateurs pour l’irrigation des palmeraies. Toutefois c’est la foggara qui est à l’origine de la vie dans cet impitoyable désert. Une curiosité dont la conception a toujours fascinée les touristes et les scientifiques. Cependant, l’origine de son invention reste un sujet qui divise les chercheurs et les anthropologues. Pour certain la foggara est une invention locale liée à l’histoire des Ksour avec leurs différentes typologies et morphologies à travers les siècles. D’autres optent pour la thèse de la technique hydraulique importée de la Perse (l’Iran d’aujourd’hui) ou de la Chine.

Un autre patrimoine matériel, qui n’est pas de moindre importance, ce sont les anciens Ksour. Des habitations construites sous forme de Kasbate fortifiées regroupés à l’intérieur d’une ceinture formée par d’énormes remparts, servant de boucliers contre les invasions externes, en argile de couleur ocre. Ces infrastructures domestiques offrent un cachet très particulier à la région, qui dénombre environ 700 Ksour éparses qui sont en état de ruine.

De nos jours il y a 294 Ksar, ou Ksour (pluriel), occupés par leurs propriétaires, où ils continuent à vivre de père en fils dans ces habitations anciennes en pisé, communautairement et en parfaite harmonie et cela depuis des siècles. Ces ksour représentent un héritage de grande valeur sentimentale pour ces Oasiens. Un lieu où quand leurs progénitures, étaient dans l’obligation de s’en séparer pour un emploi ou des études sous d’autres cieux, ne ratent jamais une occasion pour y revenir se ressourcer. Cependant, ces pauvres locataires tentent bien que mal à maintenir et conserver leurs vielles bâtisses contre la menace des intempéries et des érosions.

Sur le plan culturel cette région de l’extrême sud ouest du pays est aussi connue pour être le vivier des Zaouïates, des fondations religieuses traditionnelles. Où l’ont dénombre plus d’une cebtaine qui ont depuis des siècles rayonnées sur une partie du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest. Ces entités ont également cédée des centaines de Khazinates (bibliothèques traditionnelles) où sont conservés, depuis des siècles, près de 10.000 manuscrits. Ceux sont des écrits anciens, rédigés notamment en langue arabe, qui traitent de différents domaines de la connaissance tels que les lettres, philosophie, droit, histoire, médecine, astronomie, mathématiques etc. Ces ouvrages témoignent aussi de l’existence autrefois de savants, d’érudits et aussi celle d’une époque où la culture était prospère.

Cependant, ces populations ont aussi hérité de leurs ancêtres d’un arsenal culturel oral diversifié à l’image du très célèbre chant populaire Zénètes du « Ahellil ». Un chant classé comme patrimoine mondial par l’UNESCO. Il s’agit d’un genre local implanté principalement dans le Gourara. Où les thèmes véhiculés portent sur l’Amour de Dieu et de son prophète Mohamed (QLSSSL) et aussi à l’Amour inconditionnel. Comme le «Tbal », un genre artistique traditionnel spécifique au Touat et au Tidikelt. Il tire son nom de l’instrument utilisé, une sorte de tambourin à la forme semi conique recouvert à l’extrémité par une peau de chèvre. Dans ce style le chant est privilégié sur la danse. «Sara » ou la danse aux bâtons, qui doivent se croiser d’une manière très rythmée. Les danseurs ( une centaine ou plus) tous habillés en Aâbya (robes) blanches dansent le son des percussions dégagées par un tambour. « Berrzana » une religieuse à l’occasion de la fête du Mouloud. « Rakbia » Une danse mixte bédouine aux sonorités locales…Et puis il a ya aussi le Karkabou,le Zemmar,Nouba Rssam, Hadra, l’Aâïdi, Ichou et beaucoup d’autres qui sont en voie de disparition. Toutefois, l’espace ne nous permet pas de vous citer toutes richesses du patrimoine culturel et naturel allant de la faune, sa flore…aux autres potentialités touristiques caractérisées par la multitude sites naturels, monuments historiques, grottes, Sebkhas, Ergs, forêts fossilisées, gravures rupestres,…à la diversités des arts traditionnels comme l’artisanat, la poterie noire, la vannerie, le tissage, le fatis, Maroquinerie, dinanderie…

 

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