Analyse

Accord de Vienne: la double raison de la satisfaction officielle

Accord de Vienne: la double raison de la satisfaction officielle

Par : Kharroubi Habib

Parce que la contribution de l’Algérie à sa conclusion n’a pas été des moindres et que des observateurs en saluent même le caractère déterminant, l’accord entériné à Vienne mercredi dernier par les pays membres de l’OPEP fixant réduction de la production du cartel à 1,2 millions de barils jour a indéniablement comblé d’aise les autorités du pays. A juste et double raison qui est: qu’il vaut primo confirmation que l’Algérie est un acteur international influent et respecté même par les Etats avec lesquels elle a des divergences de vue et de position sur des questions en rapport avec des situations internationales ou régionales engageant leurs intérêts nationaux respectifs. Secundo que son application va incontestablement procurer au pays une bouffée d’oxygène sous la forme d’une augmentation de ses revenus pétroliers qui leur permettra d’entrevoir un avenir moins sombre que celui que lui dessinait l’effondrement persistant des cours pétroliers. Ce à quoi ces autorités s’attendent avec l’espoir que la remontée des cours s’opère avec une amplitude qui leur permettrait de juguler le déficit budgétaire abyssal auquel elles ne savaient plus quels remèdes administrer pour en stopper l’approfondissement.

Le rebond « historique » qu’ont connu les cours du pétrole aussitôt connue la décision de l’OPEP de réduire sa production les a confortées dans leur espoir qui pour devenir réalité a toutefois besoin que les pays producteurs ayant souscrit à l’accord de réduction respectent leur engagement. Ce n’est en effet que de cette manière que la dynamique haussière qui s’est enclenchée dès l’annonce de l’accord ne sera pas un épisode factuel sur les marchés pétroliers.

L’on comprend pourquoi l’Algérie a dû probablement batailler pour que l’OPEP mette en place une commission de suivi de l’application de l’accord de réduction par les pays membres du cartel et ceux qui en dehors ont promis de s’y conformer et qu’elle a tenu à en faire partie. Ce que l’Algérie engrangera d’un relèvement des cours pétroliers conséquent va indubitablement permettre aux autorités de ne pas recourir à d’autres mesures impopulaires que celles auxquelles elles ont dû se résoudre dans la loi de finances 2017. Elles devraient néanmoins se convaincre que l’embellie que peut apporter l’accord de Vienne aux finances du pays n’est pas la panacée à la crise qu’il traverse mais qu’elle ne peut leur offrir que l’opportunité de réaliser à « l’aise » et sans remise en cause brutale une politique économique visant à mettre fin à l’économie rentière.

Elles doivent par conséquent se garder de passer de l’extrême ayant consisté pour elles à présenter aux citoyens la situation du pays comme justifiant par sa persistance les réformes et mesures socialement pénalisantes dont elles ont pris l’initiative et qu’elles ont même envisagé de radicaliser, à celui de retomber dans le « tout va bien » et de renouer avec l’utilisation des fonds publics sans discernement et au seul but de s’acheter la paix sociale. Le discours électoral qui va être employé par le camp du pouvoir à l’occasion de la campagne préparative au scrutin des prochaines législatives va être éclairant de ce à quoi les autorités entendent utiliser les retombées de l’embellie financière qui se profile.

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