A HAUTE VOIX : Le fameux « Flambeau » !!

A HAUTE VOIX

Le fameux « Flambeau » !!

Par : Mohammed CHOUAKI

Il y a des moments qui ne s’oublient pas, qui ne s’éteignent pas, qui ne s’effacent pas. Il y a des paroles, des discours, des postions qui restent éternels. La mémoire retient souvent les belles choses et vomit les mauvaises. Le temps passe et on se dit que le passé était autre. Un passé qui avait ses torts, certes, mais aussi ses raisons. La politique de l’époque avait son côté négatif, oui, mais aussi son espace positif.

Au temps du parti unique, le FLN, parti au pouvoir, parti « absolu », seul dans l’arène, il se passait des choses « fabuleuses » vécues par ses militants au plus près des dirigeants. Oui, c’était la « démocratie » au sien du parti unique. Oui, il faut y être pour y croire. Une autre époque, une autre manière de gouverner, d’écouter l’autre avis. Une autre époque avec ses défauts, mais aussi ses qualités.

Mais, au delà de la critique politique de cette phase politique du pays, au delà du constat et de la finalité, tout n’était pas noir, bien au contraire. Et puis, des anecdotes au beau milieu des congrès, comme celui juin 1980. C’était le 4ème congrès du parti.

Lors de ce congrès, feu Mohamed Cherif Messadia,  Secrétaire général du secrétariat permanent du FLN, et figure politique emblématique du parti, savait retenir l’attention. Avec son sens du contact, sa manière de disserter et sa capacité de gérer les plus complexes des situations au sein du parti, il avait gagné la confiance de tous, avec bien évidement, quelques « opposants » en face de lui. Cet homme politique, qui avait mené la barque du parti unique un temps assez long, a laissé son empreinte. L’histoire seule a le droit de raconter ses « erreurs » politiques et ses réussites.

Je me rappelle d’une anecdote, dont j’étais partie prenante malgré moi lors de ce congrès. Mohamed Cherif Messadia présidant la commission des statuts, avait lors du discours d’ouverture de la séance, fait le tour, à sa manière et à son rythme. Son discours allait durer plus de deux heures, et ce qu’il disait n’était pas pour autant creux ou inintéressant, mais les jeunes militants présents dans la salle, dont moi-même qui avait la trentaine, s’impatientaient pour prendre la parole. Mohamed Cherif Messadia le savait, le sentait.

Prenant des notes lors de son discours, j’avais remarqué à la fin qu’il avait prononcé la phrase « passer le flambeau à la jeunesse » une trentaine de fois. Ouvrant le débat, j’ai demandé le parole avec insistance, il me la donna avec un sourire prononcé, comme pour me signifier qu’il savait ce que j’allais dire.

Je me redresse et dis : « Monsieur le Secrétaire général, j’ai suivi avec attention votre discours et vous avez prononcé la phrase, « Passer le flambeau à la jeunesse » plus de 30 fois, moi personnellement, j’ai 30 ans, dites-moi c’est quand que j’aurais ce fameux flambeau ? ».

Sa réponse fut instantanée et pleine d’humour : « Assis-toi ya El Majdoubi… » et toute la salle a éclaté de rire. Me connaissant bien, il a m’a appelé El Majdoubi par apport à ma région, Sidi Ahmed El Majdoubi de Asla- Ain Sefra. Ah…ce fameux flambeau !

Une pensée sur “A HAUTE VOIX : Le fameux « Flambeau » !!

  • 4 mai 2018 à 10 h 48 min
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    juin 1980 j’avais -(moins)7 ans c’est on a le droit d’utiliser l’ensemble des nombres relatifs et jusqu’à le moments ma generation attend toujours ce flambeau.

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