A Haute Voix : « Ils ont tué…Omar !!! »

A Haute Voix
« Ils ont tué…Omar !!! »
“قتلوا عومار “

Par Fayçal Charif

Une autre date triste, un autre souvenir douloureux, un énième assasinat de journaliste en cette année fatidique de 1995. Comme la douleur de sa disparition est présente, comme la peine de son grand départ est pesante et comme la colère de sa perte est encore vivace.

Il y a 22 ans, jour pour jour, Omar Ourtilane, rédacteur en chef du quotidien « El Khabar » est assassiné froidement, lâchement en plein Alger, au centre-ville, à proximité de la Maison de la presse.

Omar, le journaliste au grand coeur, à l’âme pure, au sourire discret, s’est arrêté pour acheter des cigarettes en ce jour froid d’un automne triste. Il est 8h 30 quand les balles assassines atteignent son corps épuisé par un métier ingrat dans son pays.

Omar est parti en silence, lui l’éternel silencieux. Mais toute la maison de la presse pleurait et criait son nom « Ils ont tué…Omar !!! ». Dans les locaux d’El Khabar, ses ami(e)s, ses collègues sont effondrés. Certains n’y croient pas, d’autres sont choqués, tétanisés ou en pleurs. El Khabar est devenue une maison de deuil.

Omar, le journaliste timide, qui marchait souvent les yeux baissés, et ne les levait que pour distribuer un sourire fuyant, mais sincère, s’est éteint dans la douleur, laissant son journal orphelin à jamais.

Omar, le journaliste à la plume tranchante et objective, est parti en sang, dans la folie meurtrière du terrorisme, laissant l’Algérie à son sort. Lui, qui redoutait ce sort et qui voulait à travers ses écrits l’éviter. Il ne vivra pas pour voir les terribles années de larmes de son peuple en 1996, 1997. Lui qui était si près de son petit peuple.

Omar, ta plume manque à la presse algérienne (la varie). 22 ans après, tu manques toujours à ton journal. Tu manques tant à la corporation et à la maison de la presse qui s’est habituée à ta présence. Tu manques à ton Alger qui t’a vu mourir dans la grande trahison. Tu manques à ton Algérie, parce que tu es tout simplement…l’un de ses fils.

Au jour d’aujourd’hui « Ils ont tué…Omar !!! » résonne à la maison de la presse.

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