Les Iraniens ont reconduit Hassan Rohani à la Présidence et opté pour la politique d’ouverture

Les Iraniens ont reconduit Hassan Rohani à la Présidence et opté pour la politique d’ouverture

TEHERAN – Les Iraniens ont reconduit le Président modéré Hassan Rohani à la Présidence pour un nouveau mandat de quatre ans lors du scrutin présidentiel de vendredi et ont ainsi opté pour la poursuite de la politique d’ouverture au monde du chef de l’Etat sortant.

Selon des résultats officiels rendus publics samedi matin par Abdolreza Rahmani Fazli, ministre iranien de l’Intérieur, Hassan Rohani, 68 ans, a totalisé environ 57% des voix au premier tour de la présidentielle face à son adversaire conservateur Ebrahim Raissi, 56 ans, qui a obtenu 38.33 des suffrages exprimés.

Le ministre de l’Intérieur a précisé à la télévision d’Etat iranienne Irib, que “41,2 millions d’Iraniens ont participé (vendredi) à l’élection” présidentielle, soit un taux de participation de 73%.

Rohani augmente considérablement le nombre de ses électeurs par rapport à sa première élection en 2013: il avait alors obtenu 18,6 millions de voix (50,7%) sur 36 millions de votants.

La télévision d’Etat Irib a “félicité” samedi Hassan Rohani pour sa réélection à un second mandat de quatre ans avant même l’annonce des résultats définitifs. De même pour certains dirigeants conservateurs qui avaient déjà reconnu la victoire de leur adversaire.

“Les premiers décomptes montrent que M. Rohani est le vainqueur (…) et il faut le féliciter”, a écrit sur le réseau social Telegram Alireza Zakani, ancien député conservateur qui avait activement participé à la campagne contre la réélection de Hassan R après avoir décroché plus de 50 voix ohani.

Pour sa part, le premier vice-président de Rohani, le réformateur Es-Hagh Jahanguiri, qui s’était retiré de la course présidentielle en appelant à voter Rohani, s’est félicité sur Twitter de “la grande victoire de la nation iranienne”.

Le “cheikh diplomate” entend poursuivre les réformes et sa politique d’ouverture

Elu en 2013, Hassan Rohani, religieux modéré surnommé le “cheikh diplomate”, a consacré la majeure partie de son premier mandat à la négociation d’un accord nucléaire historique avec six grandes puissances, dont les Etats-Unis.

Et en échange d’une levée partielle des sanctions internationales qui frappaient l’Iran depuis près de 10 ans, Téhéran s’est engagé à limiter son programme nucléaire à des fins strictement civiles.

Même si cet accord, selon les observateurs, n’a pas attiré les investissements étrangers espérés et n’a pas eu d’impact direct sur la vie quotidienne des Iraniens qui restent durement frappés par le chômage: 12,5% de la population, 27% des jeunes, il a en revanche permis à l’Iran d’entamer son retour sur la scène internationale, une politique d’ouverture qu’entend poursuivre M. Rohani lors de son second et dernier mandat.

Pendant la campagne électorale, il avait demandé aux Iraniens de lui accorder plus de voix pour pouvoir poursuivre ses réformes sur le plan intérieur et sa politique d’ouverture vers le monde.

Le président en Iran n’est cependant pas le seul à prendre des décisions. Elles doivent aussi recevoir l’aval du guide suprême Ali Khamenei, du puissant pouvoir judiciaire et parfois des Gardiens de la révolution, l’armée d’élite.

Par ailleurs, le scrutin présidentiel de vendredi s’est tenu deux jours après la décision américaine de renouveler l’allègement des sanctions contre l’Iran, conformément à l’accord nucléaire de 2015. Mais l’administration américaine a assorti cette mesure de nouvelles sanctions ciblées liées au programme de missiles balistiques de l’Iran.

Quant aux positions de M. Rohani sur les libertés, la culture ou la tolérance concernant le port du voile par les femmes, elles sont désormais identiques à celles des réformateurs Pendant sa campagne, il a durci le ton à l’égard de ses adversaires conservateurs qu’il accusait d’être dans “une logique d’interdiction”.

Selon lui, l’époque “des partisans de la violence et des extrémistes est révolue”. “A mi-chemin, pas de retour en arrière possible”, était son slogan.

Aps

 

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