La souffrance du bâtiment

La souffrance du bâtiment

Synthèse par : M. AZZEDE

Rien ne va plus dans le secteur du bâtiment en Algérie. On parle de plus de 2.000 entreprises en difficultés financières. Des difficultés qui ont poussé de nombreuses entreprises, surtout privées étrangères, à mettre la clef sous le paillasson en attendant une solution de la part du gouvernement.

On estime officiellement, les créances de l’État, vis-à-vis de ces entreprises du BTPH à environ 130 milliards de dinars. En fait, les retards énormes, parfois de plus d’une année, du paiement des entreprises réalisatrices, des projets d’habitat, autant ceux des programmes LPP ou AADL, ainsi que le logement social, durent depuis le début des années 2010. Mais, la crise s’est exacerbée, avec la baisse des recettes pétrolières, ce qui a, directement, impacté le rythme de réalisation des différents projets d’habitat, en dépit des assurances du gouvernement, à travers le ministre de l’Habitat.

Selon ce qui émane à demi-mot du ministère de l’Habitat, une partie des 130 milliards de DA de dettes au profit des entreprises du BTPH sera payée, après que les banques, notamment le CPA et la CNEP, aient refusé de leur accorder des financements, en raison de problèmes de liquidités.

Mais la situation ne connaît pas pour autant  des améliorations sur le terrain puisqu’on n’exclut pas du tout des risques de faillite de certaines entreprises et, du coup, une sensible augmentation du chômage. Des milliers de travailleurs pourraient définitivement se retrouver haïtistes sans parler de nouveau de crise du logement. Pourtant tout laissait penser que le bâtiment allait de mieux en mieux selon les déclarations de hauts responsables datant d’il y a à peine deux ans.

La crise du logement sera “pratiquement réglée fin 2018 ou début 2019, avait indiqué en 2015, Abdelmajid Tebboune, ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, Le déficit, actuellement estimé à 720.000 logements, sera rattrapé durant le quinquennal 2015-2019, selon le même responsable. Abdelmajid Tebboune a dit s’être référé aux “recensements minutieux” effectués par les éléments de son Ministère auprès de toutes les communes d’Alger. “Après l’achèvement du programme de l’actuel quinquennal et suite à un recensement minutieux, le déficit est estimé à 720.000 logements”, avait-t-il affirmé. Le constat aujourd’hui : le bâtiment va à vau-l’eau…

Face à cette situation des plus pénalisantes, le gouvernement a décidé d’accorder un échéancier pour le paiement des arriérés fiscaux et des cotisations sociales, ainsi que l’annulation des pénalités de retard des projets. «Une instruction a été donnée par le Premier ministre au ministre des Finances et à celui du Travail, permettant l’établissement d’un échéancier en faveur des entreprises activant dans le domaine du BTPH pour le paiement de leurs arriérés fiscaux et ceux des cotisations de la Sécurité sociale. On attend toujours l’application de cette décision.

A.M

 

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