Présidentielle 2017: une campagne électorale “décevante”, jugent les Français

Présidentielle 2017: une campagne électorale “décevante”, jugent les Français

PARIS – Les Français considèrent que la campagne électorale pour la présidentielle, dont le premier tour est prévu le 23 avril, est “décevante”, et la majorité d’entre eux estiment que le débat n’a pas abordé les principaux problèmes de la France.

Selon une étude de la Fondation pour l’innovation politique, réalisée par Harris Interactive et publiée samedi par le Figaro, 69 % des personnes interrogées disent s’intéresser à la campagne, mais beaucoup d’entre eux regrettent qu’elle n’aborde pas les sujets essentiels.

La campagne électorale, rappelle-t-on, est marquée par des affaires liées à des emplois fictifs, dont les candidats François Fillon (Les Républicains/droite) et Marine Le Pen (Front national/extême droite) sont mis en cause et la justice française s’en est autosaisie.

Le candidat de la droite, mis en examen, est soupçonné d’avoir accordé, en sa qualité de parlementaire, des emplois fictifs à son épouse et deux de ses enfants, alors que la candidate de l’extrême droite a utilisé, en tant que députée européenne, les fonds publics de l’Union européenne pour payer des assistants de son parti dans des emplois fictifs au Parlement européen.

L’étude révèle que 81 % des sondés jugent “pas satisfaisante” la campagne, qualifiée déjà par le président français François Hollande, de “mauvaise” et 70 % jugent que le débat électoral n’aborde pas “les solutions aux problèmes rencontrés par la France”.

“Alors que c’est l’une des campagnes les plus longues que l’on ait connues sous la Ve République, puisqu’elle a quasiment commencé en juillet, elle est considérée comme ratée et décevante”, a résumé le directeur du département politique et opinion d’Harris Interactive, Jean-Daniel Lévy.

Cherchant les raisons de cette opinion négative, l’étude fait ressortir que seuls 27 % des Français incriminent les médias dans leur façon de couvrir cet événement, alors que 49 % d’entre eux jugent que si la présidentielle n’est “pas intéressante, c’est surtout à cause des candidats”.

La presse est accusée par certains candidats de les “diaboliser”, d’où le discours anti-médias de François Fillon, notamment depuis les révélations du Canard Enchaîné, en janvier dernier, au sujet des emplois fictifs.

Par ailleurs, à huit jours du premier tour de l’élection, un autre souci est venu se greffer à cette campagne qui risque d’entacher le déroulement du scrutin. Les organisateurs chargés de la logistique et des préparatifs de l’élection présidentielle se sont rendus compte que “500.000 électeurs ont reçu deux cartes de vote suite à un bug”, explique-t-on.

Théoriquement, l’électeur détenteur de deux cartes peut déposer deux bulletins dans l’urne, dimanche prochain, mais la réglementation est très stricte là-dessus et le ministère de l’Intérieur, interpelé, a rappelé que “voter deux fois peut coûter très cher : la loi prévoit des peines allant de six mois à deux ans de prison et 15.000 euros d’amende”.

Sur un autre plan, les services chargés de sécuriser sur la toile le déroulement du scrutin sont sur leur “qui-vive” de peur d’une attaque de hackers pour tenter d’influencer les résultats. Tous les regards sont braqués, depuis des mois, vers la Russie, dont l’ombre d’APT28, le redoutable groupe de pirates russes, plane sur l’élection présidentielle.

Déjà, jeudi dernier, Facebook avait annoncé des mesures contre 30.000 faux comptes en France, dans le cadre d’une campagne contre les fausses informations.

 

 

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