L’origine des missiles houtis «opportunément» établie

L’origine des missiles houtis «opportunément» établie

Par : Kharroubi Habib

Les monarques saoudiens n’ont pas pour habitude de faire l’impasse sur les sommets de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) dont leur pays est à l’origine de la création et sur laquelle il exerce une influence qui lui permet d’en orienter les positions et décisions. L’absence du roi Salman à celui extraordinaire d’Istanbul convoqué en réaction à la décision américaine de reconnaître El Qods comme capitale d’Israël ne pouvait que susciter les questionnements sur la motivation qui en a été la cause, d’autant que non content de s’être abstenu de prendre part au sommet il n’y a délégué qu’une représentation de niveau subalterne en la personne du ministre des Affaires étrangères du Royaume alors que pour lever toute équivoque à laquelle allait donner lieu son absence il aurait pu charger son fils et prince hériter Mohammed de le représenter.

Pour les délégations qui ont pris part au sommet de même que pour les opinions du monde musulman, il est clairement apparu que le niveau de représentation de la monarchie saoudienne à la rencontre a été sciemment arrêté pour marquer sa défiance sur ce qui pourrait en résulter. Salman et son héritier de fils ne pouvaient recourir à la politique de la chaise vide au sommet islamique d’Istanbul qui plus est consacré à la question sensible du statut d’El Qods dont leur monarchie se prétend l’intransigeante défenseuse, mais savaient que certains des Etats participants risquaient en leur présence de s’en prendre à la position du Royaume qu’ils soupçonnent être faite de connivence avec l’Amérique sur la question.

En ne prenant pas part au sommet personnellement, Salman et son fils ont par ailleurs émis le message en direction de la Maison Blanche et d’Israël que l’acquiescement que le Royaume donnera à la résolution qui allait sortir du sommet est un « smig diplomatique » auquel le Royaume est contraint pour ne pas perdre son leadership sur le monde arabo-islamique. Et qu’il n’est pas à interpréter comme reniement de sa part du deal qu’il a souscrit avec eux sur le dossier palestinien et la question d’El Qods qui en est la plus explosive.

Comme tous les Etats musulmans, l’Arabie saoudite a officiellement dénoncé comme unilatérale et inacceptable la décision américaine sur El Qods, mais sans prendre d’initiatives pratiques en vue d’en contrer les conséquences. Qui plus est et alors que la colère enfle en territoires palestiniens occupés et à travers le monde musulman contre cette décision, Ryadh en synchronisation avec Washington tente de détourner l’attention des musulmans en s’en prenant à l’Iran qu’il accuse de fournir aux rebelles houtis yéménites les missiles qu’ils lancent sur le territoire saoudien. La manœuvre est cousue de fil blanc mais la monarchie wahhabite en attend que les Etats musulmans sunnites qu’elle veut enrôler à ses côtés dans sa rivalité géopolitique avec la République islamique chiite en prennent prétexte pour s’aligner sur elle et se faire moins regardants sur la solidarité islamique incluant l’Iran ayant pour liant le sort de la ville d’El Qods.

Ryadh va à l’évidence intensifier sa campagne anti-iranienne, ce qui est pour la monarchie wahhabite la seule parade qu’elle a trouvée pour dévier la colère populaire du monde qui l’englobe dans l’opprobre qu’elle voue à l’Amérique et à Israël ses co-partenaires du complot tramé contre la cause palestinienne.

KH.H

 

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