L’OPEP ne réduira pas sa production même à 20 dollars le baril

L’OPEP ne va pas réduire sa production même si les prix du brut tombent à 20 dollars le baril, a prévenu le ministre saoudien du Pétrole, dont le pays est chef de file du cartel, dans un entretien à la revue spécialisée MEES. “Il n’est pas dans l’intérêt des producteurs de l’OPEP de réduire leur production, quel que soit le prix (…). Que ça descende à 20, 40, 50 ou 60 dollars, il n’est pas pertinent” de réduire l’offre, a déclaré Ali al-Nouaïmi dans cet entretien au Middle East Economic Survey, paru lundi 22 Décembre 2014. Les cours de l’or noir ont perdu environ 50% de leur valeur depuis la mi-juin, grevés par l’abondance de l’offre, le renforcement du dollar et la faiblesse de la demande dans un contexte de ralentissement de l’économie mondiale. Le prix du baril est tombé à environ 60 dollars, contre 115 en juin, une dégringolade qui s’est accentuée après la décision prise fin novembre par l’OPEP –qui pompe le tiers du pétrole mondial– de maintenir inchangé son plafond de production et de laisser les prix se stabiliser d’eux-mêmes. M. Nouaïmi, l’homme le plus influent au sein de l’OPEP, a estimé que le monde ne pourrait plus avoir un baril de pétrole à 100 dollars, selon le MEES qui qualifie son entretien d'”inhabituellement franc”. Les prix du pétrole montaient légèrement en cours d’échanges européens, aidés par une baisse de l’offre en Libye et une hausse attendue du PIB américain, mais demeurent sous la pression de l’OPEP. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en février valait 60,86 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 75 cents par rapport à la clôture de lundi. Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de “light sweet crude” (WTI) pour la même échéance gagnait 83 cents à 56,09 dollars. Hier, mardi, les prix du pétrole ont été soutenus par l’annonce de la Libye sur la baisse de son offre d’or noir à cause de combats dans les régions productrices. Une hausse attendue du taux de croissance du PIB américain au troisième trimestre pourrait également aider les cours de l’or noir. Selon des économistes interrogés par le Wall Street Journal, la croissance du PIB des Etats-Unis, premier consommateur mondial de brut, a été de 4,3% sur la période juillet-septembre au lieu de 3,9% estimés précédemment.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *