Les médecins résidents suspendent leur stéthoscope

Les médecins résidents suspendent leur stéthoscope

Par : Abdelkader DJEBBAR

Les médecins résidents ne décolèrent pas. Alors, ils suspendent leur stéthoscope  pendant deux jours. Néanmoins, le service minimum sera assuré. Ils organisent, ce mardi, une grève de deux jours. Le débrayage deviendra, ensuite, cyclique.

La raison de cette colère est à chercher du coté du service civil. Ces médecins spécialistes  sont en effet affectés d’office dans des régions isolées pour y travailler dans une infrastructure publique durant au moins deux années.

C’est, entre autres, cette situation que le collectif autonome des médecins résidents (CAMRA) dénonce à travers la grève.. Les représentants de ce collectif demandent notamment à ce qu’ils soient « traités comme les autres » Algériens.

Pour permettre aux hôpitaux et structures de santé situés dans les zones reculées, notamment dans les régions rurales et dans le sud du pays, l’État a décidé d’affecter d’office de nouveaux médecins spécialistes. Ces derniers effectuent durant deux ans un «service civil». Après cette période, ils peuvent changer de structure ou s’installer à leur compte. Mais souvent, les conditions d’hébergement et les salaires qui leur sont affectés sont décriés.

La grève consistera en un arrêt de travail total de tous les médecins résidents, à l’exception de ceux qui devront maintenir un service minimum, à savoir les gardes, selon un communiqué du Camra.

« Nous ne demandons pas la suppression du service civil mais son aménagement, la suppression de son caractère obligatoire et général, la mise en place davantage d’incitations pour encourager ceux qui le souhaitent à faire volontairement leur service civil », précise-t-il.

Et d’ajouter : « En plus, nous n’avons pas de possibilité de regroupement familial, ce qui met les jeunes médecins mariés dans des situations difficiles, surtout ceux affectés à des hôpitaux du grand Sud ».

Les médecins résidents revendiquent aussi le droit d’être dispensés du service national au même titre que les autres jeunes algériens concernés par la mesure. « Nous devrions avoir le droit de bénéficier de cette dispense en tant que citoyens algériens et s’ils ont besoin de médecins à l’armée, ils n’ont qu’à les recruter, les inciter financièrement à s’enrôler », a insisté le Dr Taileb, commentant l’exclusion des diplômés du corps médical de la dispense du service national, annoncée en août 2017 et dont ont bénéficié les Algériens nés entre 1985 et 1987.

La grève de deux jours à laquelle appelle le collectif autonome des médecins résidents est une « première étape », affirme Taileb Mohamed qui prévient : « Si nos revendications ne sont pas satisfaites, nous reconduirons la grève et nous emprunterons d’autres voies de protestation ».

A.D

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