Fadwa Suleiman : Une « révolutionnaire » s’en va !!

Fadwa Suleiman

Une « révolutionnaire » s’en va !!

Par Fayçal Charif

L’icône de la révolution syrienne, Fadwa Suleiman, s’est éteinte jeudi à Paris des suites d’une longue maladie qui a fini par la prendre à la vie et à l’espoir qu’elle entretenait de revoir son pays libéré des mains de ceux qui l’ont détruit. Le pouvoir totalitaire de Bachar al Assad et les groupes armées extrémistes qui ont ravagé un pays merveilleux et exilé un peuple devenu malheureux.

Exilée en France depuis la détérioration de la situation politique, sécuritaire et humaine dans son pays, et depuis qu’elle est devenue une cible à abattre, Fadwa ne s’est jamais remis de cet éloignement forcé et ce déchirement pesant. De plus, elle suivait de France la dégradation et la chute de son pays dans le chaos total avec peine, tristesse et colère.
On se rappellera à jamais cette grande Dame, engagée et déterminée, comme l’un des symboles de la « révolution » syrienne à ses débuts. Elle avait été dans les premiers rangs à Homs, l’une des villes martyres de la Syrie pour demander la « liberté » de son peuple de la tyrannie du clan al Assad. Elle a fait face, avec des milliers de syriennes et de syriens à toutes les formes de répression du régime qui vacillait au début de « l’insurrection populaire » légitime.
La comédienne syrienne Fadwa avait fuit la Syrie en plein folie meurtrière fin 2012 un an après le début du soulèvement pour des raisons de sécurité. Elle s’était réfugiée en France mais avait poursuivi son combat contre le régime de là où elle était et à sa manière. Un jour, de l’année 2014, en plein « extermination » du peuple syrien par le régime et les groupes extrémistes armés et en plein « désolation » de l’exil de son peuple, elle avait déclare avec amertume « …je condamne avec toute la force et toute la colère qui sont en moi, cette extermination de mon peuple et cet exil forcé et imposé par la force des choses et des faits à mon peuple…Certains comme moi ont eu la chance de partir et de sauver leur vie et leur âmes, d’autres, meurent sous les bombes ou sous les sabres…mon coeur est brisé à jamais… »
Tout le monde se rappelle de son coup colère à son arrivée en France. Ce jour là elle avait déclaré à la face du monde : « Le monde entier a laissé les mains libres à Bachar al-Assad, pas seulement la Russie et la Chine… il a poussé le peuple syrien à prendre les armes, et c’est exactement ce que voulait Assad, et voilà où nous en sommes… ».
Un autre jour, lors d’une conférence organisée à l’université d’Avignon, dont elle était l’invitée, elle avait pointé du doigt les chefs d’Etat du monde d’une voix vibrante qui a raisonné à travers le monde : « Messieurs les leaders du monde, bougez-vous un peu pour que le fou qui nous tient dans sa toile s’arrête ! Après seulement, vous aurez la solution ».
Fadwa Suleiman quitte ce monde à l’âge 45 ans à peine. Elle part avec une tristesse visible sur un visage qui a du être joyeux un temps. Elle a laissé ce monde qu’elle ne comprenait plus et c’est la maladie qui est venue la « délivrer » du cauchemar dans lequel vit son peuple depuis 6 ans.
Une de ses phrases lancées dans le tas résonne toujours : « les dirigeants du monde entier ont oublié les valeurs humaines et ont fait passer l’intérêt de leur Etat avant la vie du peuple syrien ».
Paix à son âme.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *