Exit Tebboune: la médiocratie prédatrice triomphe

Exit Tebboune: la médiocratie prédatrice triomphe

Par : Kharroubi Habib

«Ma fidélité au Président reste entière » sont les seuls mots qu’a eus Abdelmadjid Tebboune après avoir été démis sans ménagement. Pas de quoi galvaniser l’ardeur contestatrice des soutiens que lui a suscités son ébauche de remise en cause de l’interpénétration entre le milieu de l’argent et celui de la politique.

L’éviction du désormais ex-Premier ministre ne clôt pas pour autant la polémique sur les raisons pour lesquelles il l’a été.

Longtemps encore, analystes et prétendus connaisseurs des dessous qui motivent les décisions du sommet du pouvoir égrèneront les supputations sur ce qui s’est passé à ce niveau qui a fait que Tebboune a été précipité sur la roche tarpéienne moins de trois mois après avoir été hissé sur le mont du Capitole. Le citoyen lambda ne prêtera qu’une attention désabusée à ce qu’ils lui distilleront sur les enjeux qui ont produit la crise survenue avec l’éphémère passage de Tebboune à la primature et dont il en a été le « héros » malheureux. Ce citoyen s’est fait en effet sa religion sur cette crise qui a signé pour lui la victoire du milieu des affaires et de l’argent puisqu’il a obtenu la tête d’un Premier ministre de la République. Les « connaisseurs » et autres prétendus « sourcés » à bonne source pourront longtemps disserter sur la « naïveté » dont aurait fait montre Tebboune, ils ne l’en dévieront pas car ayant la certitude que ce dernier ne s’est pas engagé dans le bras de fer avec ce milieu à l’insu de celui qui l’a nommé et instruit à entrer dans l’arène. L’enseignement qu’il retire de ce qui s’est passé et s’est conclu par la brutale destitution de Tebboune est que la puissance des oligarques que le pouvoir a enfantés et fait prospérer s’impose à Bouteflika et à son clan au point que pour ne pas se les mettre à dos, ils leur ont offert en sacrifice le Premier ministre dont le démérite probable est d’avoir pris à la lettre la feuille de route qu’ils lui ont fixée en le nommant.

Ali Haddad a raison d’exulter de façon indécente après l’éviction de Tebboune dont il a crûment et avec aplomb exigé publiquement la tête. Il sait en effet que l’engeance dont il est le symbole accompli a pris l’ascendant sur le sérail politique qu’elle a phagocyté et pour lequel elle est devenue la planche de salut à laquelle s’accrocher pour ne pas être emporté par la tempête sociale qui pointe à l’horizon. Mais ce n’est pas en additionnant leurs médiocrités que le milieu d’affaires dont Ali Haddad est l’inconsistante tête de file et le clan politique dirigeant du pays seront en capacité d’y faire face.

Les enfumages par lesquels ils tentent d’aveugler l’opinion algérienne et de désamorcer la contestation populaire qui va s’simplifiant ont marché un moment, ils ne seront plus efficients quand la catastrophe où leur binôme conduit le pays produira ses effets destructeurs qu’il ne pourra empêcher.

 

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