Un « Cheikh »…dans une autre dimension !

Un « Cheikh »…dans une autre dimension !

Par : Fayçal CHARIF

C’est un homme de foi, mais il est surtout humaniste. Il confronte le mal par l’idée, cherchant la Vérité pour lui mais surtout pour les autres. Il ne prétend pas l’avoir trouvée, encore moins la vérité absolue. Il ne fait aucun amalgame sur les croyances des êtres et considère que chacun croit à sa manière pour trouver la foi, ou du moins trouver la paix en lui et avec lui même. C’est lui, Khaled Bentounes. Lui qui sait rallier spiritualité et rationalité, lui qui appelle à la Paix avec soi et avec les autres, lui qui avec son large sourire du penseur averti rassure. On lui colle, sans qui ne le demande, le statut de « Cheikh » (Maître suprême et respectable), mais il ne fait pas attention à ce qualificatif, qui l’honore, mais il préfère rester sobre et concentré sur sa quête de vérité. Ecrivain, pédagogue et conférencier, il est en immersion totale dans le monde des idées, de la réflexion et de la recherche. Depuis de nombreuses années, il parcourt le monde, côtoie les gens et approche les cultures et les civilisations. Il a sillonné l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient transmettant l’enseignement traditionnel du soufisme (en arabe Tassawouf. Cœur de la spiritualité musulmane). Khaled Bentounes le définit comme suit : « si l’Islam est un corps, le soufisme en est le cœur, on y réapprend à goûter la saveur de Dieu dans le silence de l’instant ».

Porté par cette approche spirituelle, philosophique et humaine, il se positionne comme un acteur convaincu et déterminé d’une « culture de paix et de fraternité entre les êtres, les peuples et les civilisations ». Lui, l’homme de foi, le croyant, le rationnel, considère que tout passe par les religions et du coup il est primordial qu’elles « se parlent, se comprennent et s’acceptent » et « unissent les efforts afin de dégager un dénominateur commun nourri par des valeurs universelles partagées ».

Grande philosophie de la vie chez ce penseur né en 1949 à Mostaganem, en Algérie qui s’est consacré à la méditation et l’action, à travers le monde. Quand il s’installe à Paris en 1968 pour des études en droit et en histoire, il ne se doutait pas un instant que l’état français allait le solliciter en 2000 pour participer à la consultation, l’organisation et la mise en place du culte musulman en France. Une organisation très discutée et discutable, mais Bentounes a su marquer son espace et se démarquer des querelles et la politique politicienne. Il resté vrai et sincère tout au long de son engagement. Depuis, son « combat » pacifique se poursuit. Il est toujours demandé et écouté. Il répond toujours présent avec toujours son éternel sourire. Sa dernière action est son implication dans « Le Prix Emir Abdelkader » pour la promotion du vivre ensemble et de la coexistence pacifique en Méditerranée et dans le monde, décerné en septembre 2016 à Mostaganem, à trois personnalités internationales et pas des moindres, à savoir : Lakhdar Brahimi, l’ancien ministre algérien des affaires étrangères et représentant personnel du Secrétaire général de l’ONU, Fédérico Mayor, ancien directeur général de l’UNESCO ainsi que Raymond Chrétien, président du Centre d’étude et de recherche international de l’université Montréal. Ce prix, a été mis en place en collaboration avec l’Association mondiale non gouvernementale de la “Tarika Alaouiya” et du Programme Méditerranée “MED 21 » qui vise à pérenniser la mémoire et le message de l’Emir Abdelkader, figure marquante du 19ème siècle, symbole de la résistance populaire algérienne contre l’occupant français. Le Cheikh Khaled Bentounès y était pour beaucoup et était de la partie. Sa présence très remarquée lui a valu des…« Alors Cheikh, quels sont vos futurs projets ». Toujours avec le sourire, il répondait : « Je poursuit mon chemin… ».

F.CH

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