Analyse

La touche algérienne

Par : Kharroubi Habib

Prenant prétexte que le gouvernement libyen d’entente nationale dirigé par Fayez El Serradj n’est pas parvenu à asseoir son autorité sur le pays, des parties étrangères qui l’ont pourtant reconnu comme étant le seul pouvoir libyen légal, s’en sont détournées et misent désormais ostensiblement sur ses contestataires. Elles ne sont pas suivies par les pays voisins de la Libye. Lesquels à partir de Niamey au Niger où ils ont tenu mercredi dernier une réunion sur la Libye, lui ont réaffirmé leur appui et solidarité.

A ce gouvernement, ils ont néanmoins demandé qu’il « tende la main à ceux qui ne sont pas dedans ». Mais sachant que les parties étrangères dont le soutien au gouvernement de Fayez El Serradj a molli exercent sur lui des pressions censées le forcer à tendre la main à ses adversaires mais à des conditions qui en signeraient en fait sa mort politique, les pays voisins de la Libye se sont déclarés contre l’ingérence extérieure et la solution militaire. En exprimant cela, ils ont en fait donné à comprendre qu’ils ne sont pas dupes sur qui agit et manipule en Libye pour empêcher qu’il y ait entre ses factions se disputant le pouvoir un dialogue pour trouver une voie de sortie de crise qui ne doit rien aux injonctions étrangères.

Dans le refus de l’ingérence extérieure et de la solution militaire pour la crise libyenne formulé par les participants de la réunion de Niamey, il faut y voir incontestablement la touche de l’Algérie dont c’est l’invariable position sur ce conflit comme sur tous ceux qui ont pour protagonistes des factions en confrontation pour la prise ou la conservation du pouvoir. Tout autant qu’elle avait paru avoir été totalement impuissante à enrayer le diabolique processus qui a conduit la Libye au chaos et à l’émergence de factions armées dont les rivalités empêchent la reconstitution de l’Etat, l’Algérie s’est depuis ressaisie et a patiemment renoué le fil avec les acteurs de la crise libyenne auprès de qui sa voix porte désormais. D’autant qu’ils ont fini par constater que la sollicitude que l’Algérie exprime à l’endroit de leur pays et de ses problèmes n’est pas entachée par le parti pris en faveur d’un camp ou d’un autre en conflit.

C’est toujours ainsi motivée que l’Algérie apprécie les initiatives que suscite le souci de rechercher une sortie de crise qui mettrait fin à la complexe et dangereuse situation qui prévaut en Libye. La pertinence de ses anticipations quant à ce sur quoi allait déboucher la crise libyenne et de ses propositions pour aider le peuple libyen à s’en sortir au plus vite et au mieux et à la région d’être préservée de ses conséquences déstabilisantes, lui ont permis de rallier de conséquents soutiens à sa démarche. Ce qui ne lui vaut pas celui des parties extérieures dont elle contrecarre les plans sur lesquels elles ont bâti leur politique interventionniste en Libye et sont ainsi trouvées contrées dans leur tentative de les mettre en œuvre.
 

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