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Mauritanie – Célébration de la semaine de la langue Française et de la Francophonie : la section UPF en première ligne

Les activités marquant la 24ème édition de la semaine de la langue Française et de la Francophonie ont démarré ce samedi à Nouakchott où l’Association Mauritanienne de la Francophonie (AMF) a organisé à la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Mauritanie à Nouakchott une importante cérémonie, en présence de l’ambassadeur de France et plusieurs personnalités.

Mauritanie – Célébration de la semaine de la langue Française et de la Francophonie : la section UPF en première ligne

Nouakchott par : Bakari Guèye  

Les activités marquant la 24ème édition de la semaine de la langue Française et de la Francophonie ont démarré ce samedi à Nouakchott où l’Association Mauritanienne de la Francophonie (AMF) a organisé à la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Mauritanie à Nouakchott une importante cérémonie, en présence de l’ambassadeur de France et plusieurs personnalités.

Dans un mot prononcé pour l’occasion, le Président de l’association Mauritanienne pour la Francophonie, M. Ahmed Ould Hamza, a souligné que « le thème de la semaine de la Francophonie en 2019 est l’écrit : sa signification, ses différentes formes, sa symbolique et la place qu’il occupe dans la vie de l’Homme dont l’écriture a changé l’existence il y a des millénaires et continue à la changer ».

Pour sa part, l’ambassadeur de France en Mauritanie, SEM. Robert Mouillé, a souligné l’importance de la langue Française dans le rapprochement des peuples dans la mesure où elle se présente comme une langue de réflexion intellectuelle et de travail, mettant l’accent sur l’intérêt que représente, dans cette optique, les échanges culturels entre la Mauritanie et la France.

Les activités de cette semaine dédiée à la Francophonie se poursuivront les prochains jours.

Conférence-débat de la section UPF

C’est ainsi que ce lundi 18 mars c’était au tour de la section Mauritanienne de l’UPF (Union Internationale de la Presse Francophone) d’entrer en lice avec l’organisation d’une conférence sur le thème : « Médias et environnement en Mauritanie et en Afrique », conférence organisée dans les locaux du Musée National et animée par Bakari Guèye, vice-Président de ladite section.

Cette conférence a été officiellement ouverte par un mot du Conseiller du Ministre de la culture, de l’Artisanat et des Relations avec le Parlement, Mr Mouhamed Mahmoud Ould Aboul Maali qui a souligné l’importance de la presse francophone en Mauritanie.

Lui succédant, Mme Maria Ladji Traoré, Présidente de la section Mauritanienne de l’UPF après avoir remercié les partenaires et le public a affirmé que, je cite : « Notre section a tenu à lancer le débat sur l’environnement qui est une grande question d’actualité dans le monde et pour la Francophonie en particulier. »

Pour Mme Traoré, en choisissant ce thème « Notre section fait d’une pierre deux coups, mettre en avant l’environnement qui est une question de l’heure et faire la restitution des résultats du colloque de Ben Guérir sur « Médias, Environnement et Développement Durable auquel nous avons pris une part active avec 03 panélistes et plusieurs participants. »

Après les amabilités d’usage, le conférencier est entré dans le vif du sujet. Mr Guèye a précisé d’emblée que, les questions environnementales sont aujourd’hui au centre de toutes les préoccupations au niveau mondial, soulignant qu’il est passé le temps où l’environnement n’était qu’une question subsidiaire, un phénomène de mode destiné à amuser la galerie. Et de poursuivre qu’aujourd’hui, tout le monde ou presque est conscient des graves problèmes que constitue la destruction de la couche d’ozone, l’effet de serre, la fonte des glaciers au niveau polaire, avec toutes les conséquences qu’induit le réchauffement de la terre.

En effet, les éléments vitaux qui entourent les hommes et leur activité sont menacés. La dégradation des sols, la pollution et l’épuisement de l’eau, la pollution de l’air sous toutes ses formes entraînent une dégradation de la biodiversité massive et une raréfaction des ressources naturelles.

Aux Maldives, certaines îles sont menacées de disparition, les catastrophes naturelles sont de plus en plus fréquentes, la Grande barrière de corail disparaît, des populations entières aux quatre coins de la planète ont de plus en plus de difficultés à accéder à l’eau, des espèces animales sont en voie d’extinction, la liste est terrifiante. Et on en est arrivé à parler aujourd’hui des réfugiés climatiques. On parle de 140 millions d’ici 2050. Pas loin d’ici, poursuit le conférencier, à Saint-Louis du Sénégal, ces réfugiés existent déjà dans une ville exposée à l’avancée inexorable de l’Océan avec une érosion côtière dévastatrice et Saint Louis, qui serait englouti d’ici quelques années à en croire les experts. Des prévisions aussi alarmistes et un sort similaire serait réservé à notre capitale, Nouakchott, qui comme vous le savez est située en dessous du niveau de la mer.

Donc pour le continent africain, le défi est majeur, d’autant plus que les migrations environnementales sont majoritairement en provenance des pays les moins développés, c’est parce que les facteurs économiques et politiques sont imbriqués à la question climatique. En Afrique par exemple, où la population vit en grande partie de l’agriculture, un dérèglement climatique entraîne des conséquences économiques dramatiques. Et c’est d’ailleurs valable pour les populations défavorisées d’une manière générale. C’est ainsi que pour Katrina, l’ouragan qui a frappé la Louisiane en 2005 : seuls les habitants les plus riches ont pu fuir la zone, témoignant du fait que les catastrophes naturelles impactent avant tout les plus défavorisés.

Une lente prise de conscience

A l’origine de cette dégradation de l’environnement : l’homme et ses activités. La prise de conscience que notre planète est en danger a mis du temps à faire son chemin avant que la protection de la nature et des espèces ait aujourd’hui une place à part entière, non seulement dans la recherche scientifique, mais également dans le domaine des relations internationales.

C’est en 1972, lors de la conférence de Stockholm, que pour la première fois l’environnement a réellement droit de cité dans les relations internationales. De ce Sommet de la Terre découlera la création de nombreux ministères de l’Environnement dans plusieurs Etats. Le choc pétrolier de 1973 confirmera, empiriquement, la nécessité de prendre en compte ces questions.

L’environnement dans les relations internationales possède depuis ce temps une place grandissante.Malgré tout, ces questions sont encore trop considérées comme techniques, réglées à part par des politiques strictement environnementales. Alors qu’en réalité ça touche tous les aspects de l’organisation du monde selon les experts.

Seulement, il y a lieu de reconnaître qu’au niveau mondial, la prise de conscience est de plus en plus réelle, en témoigne le tollé soulevé par le retrait de Trump de l’accord de Paris, qui soit dit en passant est un coup dur pour l’environnement.

Mais les réactions en chaîne de toutes les grandes capitales ont montré l’attachement des Etats de la planète à la préservation de l’écosystème.

Genèse d’une prise de conscience environnementale en Mauritanie

Dès les années 2000, tant de mesures ont été prises pour lutter contre la dégradation de l’environnement et réduire considérablement la pauvreté. Il s’agit de la création du Code de l’environnement, la mise en place du Ministère Délégué auprès du premier Ministre chargé de l’Environnement et du développement durable (MDEDD). Ainsi, le gouvernement a décidé d’intégrer la dimension « développement durable » dans le mandat de ce jeune Ministère (MDEDD)[1] afin d’améliorer la gestion de l’environnement et sa prise en compte dans tous ses aspects transversaux.

Egalement, ont été créés le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP) et des Programmes Régionaux de Lutte contre la Pauvreté (PRLP) s’inscrivant, dans le but d’intégrer l’environnement dans les processus de planification nationaux et décentralisés.

Les défis environnementaux

Compte tenu de l’ampleur des enjeux et l’étendue des problèmes environnementaux, la Mauritanie, a décidé d’agir et tenter de limiter les dommages. De la sorte, elle a ratifié la quasi-totalité des conventions internationales, adopté un code de l’environnement, repris les OMD dans son Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté. La mise sur pied d’une SNDD (Stratégie Nationale du Développement Durable) qui était calée sur l’horizon 2015 intégrant dans les politiques publiques les différents principes visant la durabilité de l’environnement.

L’adoption en 2006, d’un PANE (Plan d’Action Nationale pour l’Environnement) secondé par un Plan de lutte contre la désertification et la promulgation d’un Code forestier en 2007, le renforcement du décret de 2004 qui rend obligatoire la réalisation préalable d’études d’impact environnemental (EIE).

Toutefois, il ne faut pas se perdre de vue, que la politique environnementale mauritanienne est encore en gestation et les actions menées sont confrontées à certaines limites. Ainsi, beaucoup de défis restent à relever dans ce domaine pour asseoir un développement durable.

Selon les experts, les émissions de C02 par tête d’habitants sont très élevées.

À noter également, que le fléau du réchauffement climatique mondial provoque, « depuis près de quatre décennies, une dégradation des ressources naturelles en Mauritanie. Cette dégradation, accentuée par les modes d’exploitations inadéquates des ressources, a provoqué un grave déséquilibre entre l’homme et son milieu par la détérioration des systèmes productifs agro-sylvo-pastoraux et la paupérisation des populations rurales ».

Outre ces écueils liés à la déforestation et la désertification, d’autres obstacles au développement durable du pays s’imposent.

Voilà pourquoi l’insertion de la dimension environnementale, dans les politiques de réduction de la pauvreté, est un atout important pour atténuer, de façon durable, les problèmes liées à celle-ci. Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) appuient le gouvernement Mauritanien dans ce sens.

Le lancement de la production du pétrole en 2006 et celle du gaz qui est en vue pour l’horizon 2021 font craindre de nouveaux risques à l’instar de « la pollution des fonds marins et la soustraction de superficies non négligeables à la pêche ».

Et parmi les défis majeurs à surmonter dans le futur, il y a l’avancée fulgurante du désert, les données disponibles montrent que depuis 1974 plus de 15% du territoire national, se sont transformés en zones désertiques; il y a eu également la détérioration des ressources halieutiques et du milieu marin; destruction de la biodiversité (déforestation, détérioration des zones humides et des parcs naturels); A cela s’ajoute les lacunes du cadre juridique sur le développement durable et l’environnement; la faible participation de la société civile à la formulation et à la mise en œuvre des politiques publiques en matière de développement durable et d’environnement; etc. »

Ce sont là autant de défis que nous sommes appelés à relever impérativement car ça devient une question de survie.

Les médias Africains doivent-ils prendre position  face aux défis environnementaux ?

A cette question, le conférencier répond par l’affirmative et poursuit en ces termes : En effet, les médias ont un rôle très important à jouer. D’abord, elles doivent jouer un rôle d’information. Nous sommes dans un monde qui évolue à une vitesse grand V.

De la révolution industrielle à la mondialisation, le visage de notre planète a été mis à rude épreuve et ce visage devient de plus en plus méconnaissable.

Mais, toujours est-il qu’aujourd’hui, malgré l’ampleur des menaces suscitées par les changements climatiques et malgré le chaos mondial en vue, la presse en général n’accorde pas encore la place qu’il faut aux questions environnementales.

Et, au moment où notre avenir sur la planète est sérieusement hypothéqué, on se demande pourquoi et comment on peut rester si indifférent ?

De ce fait, nous estimons que les médias africains doivent orienter leurs projecteurs sur la problématique, oh combien préoccupante, de la détérioration accélérée de notre environnement et de la nécessité d’inciter les populations à adopter des comportements responsables, allant dans le sens d’une préservation de l’écosystème et de la mise sur orbite d’un développement durable.

Les responsables des médias africains doivent prendre les devants et s’orienter vers une couverture plus régulière et mieux élaborée des questions liées à l’environnement.

Ils doivent susciter l’engouement et motiver les journalistes qui traitent ces questions, qui méritent une place de choix dans les colonnes de leurs journaux, sur les antennes et les écrans de leurs médias audio-visuels.

Les  questions liées à l’environnement et au développement durable doivent être traitées avec l’attention et le professionnalisme requis. Et, il en sera de même pour les questions de développement et leur impact sur la vie des populations.

Les questions traitées devraient être choisies avec pertinence et faire l’objet d’un suivi à long terme si nécessaire. Les journalistes ne devraient pas se contenter seulement de la couverture d’événements conjoncturels.

L’objectif est d’avoir une meilleure influence sur le public ciblé et partant, avoir un impact positif sur les pratiques, au quotidien, et sur les comportements. Il s’agit en quelque sorte pour les journalistes de donner des leçons pour vulgariser les bonnes pratiques et prêcher la bonne parole ou plutôt le bon comportement, face aux aléas de la nature. Bref, aider les gens à avoir un comportement plus écologique.

Et, au-delà des grandes questions de l’heure, à savoir la montée du niveau des océans, la couche d’ozone, les médias africains devraient se focaliser davantage sur des préoccupations de proximité telles que la déforestation, l’érosion des terres arables,  l’avancée du désert, la pauvreté et j’en passe.

Ces médias doivent faire usage de leur pouvoir pour contribuer efficacement à la défense de l’environnement et à l’ancrage d’une culture environnementale.

En Afrique plus qu’ailleurs, les populations, contrairement à celles des pays développés sont directement concernées par les questions d’environnement et de développement durable. Leur lien avec la nature est plus direct et plus intime, ce qui fait qu’elles sont beaucoup plus réceptives à  des informations positives distillées par la presse et visant à les aider à faire face aux grands défis environnementaux actuels.

Donc, le feu est bien dans la maison, et la presse à un grand rôle à jouer, un rôle qui consiste à informer positivement le public sur les changements en cours et s’efforcer d’influer sur le cours des choses en vulgarisant des idées et des comportements positifs vis-à-vis de notre environnement.

La presse africaine a une grande part de responsabilité et la mission qu’elle doit s’assigner pour ce faire sera de donner au développement durable un aspect concret et réel en mettant la lumière sur les vrais problèmes qui touchent la vie quotidienne des gens.

C’est par cette voie qu’elle pourrait contribuer à l’instauration d’un développement durable, qui est un gage de continuité et de pérennité pour les générations futures.

En plus de ce rôle d’éducation de l’opinion publique, la presse doit également mettre en exergue les questions environnementales afin d’obliger les décideurs politiques à leur accorder toute l’importance requise.

Et pour espérer avoir un impact positif, les journalistes qui s’intéressent à ces questions doivent mutualiser leurs efforts et s’organiser en conséquence (formation de réseaux, faire du lobbying).

Les rédactions doivent inscrire cette question de l’environnement et du développement durable dans leur agenda, en faire une priorité et lui accorder toute l’importance nécessaire car il y va de l’avenir de toute l’Afrique, pour ne pas dire de toute l’humanité.

Les médias communautaires, peut-être beaucoup plus ou du moins beaucoup mieux que les autres, ont un rôle primordial à jouer.

Les dirigeants des médias africains doivent éviter l’erreur de leurs collègues des médias du nord qui ne diffusent généralement que des informations qui peuvent leur assurer une grande audience. Ce type de calcul ne doit pas empêcher nos médias de se focaliser sur ces questions d’environnement et de développement durable qui ont de l’importance chez nous, peut-être beaucoup plus encore qu’ailleurs.

De ce fait, ces sujets doivent être traités avec attention et professionnalisme, en évitant toute caricature et tout sensationnalisme.

La tâche s’avère certes immense et le chemin est parsemé d’embuches, mais, les médias Africains doivent se surpasser et faire preuve de tact et de courage pour jouer leur rôle et ce malgré les enjeux et les intérêts économiques et politiques qui entourent ces questions.

B.G

 

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