Une affaire dont le timing suscite le doute sur la piste qu’elle suggère

Une affaire dont le timing suscite le doute sur la piste qu’elle suggère

Par : Kharroubi Habib

Londres ayant accusé Moscou d’être le commanditaire de l’empoisonnement en Grande-Bretagne d’un ex-agent double, il en résulte une crise diplomatique aiguë entre le Royaume-Uni et la Russie mais aussi entre cette dernière et les autres grandes puissances occidentales qui ont repris à leur compte l’accusation formulée par les autorités britanniques.

Sans exclure la piste russe que les autorités britanniques ont présentée comme prouvée par les résultats de l’enquête policière diligentée par elles, il faut néanmoins faire remarquer que l’affaire de l’empoissonnement de l’ex-agent double est arrivée à point nommé pour la Première ministre du Royaume-Uni et son cabinet empêtrés dans la situation créée pour eux par le « Brexit » et pour ressouder une alliance occidentale mise à mal par les initiatives unilatéralistes venues de Washington et faisant contestation de la part des Européens. Theresa May dont l’autorité battait de l’aile et se trouvait soumise à des pressions visant à la pousser à passer la main a en effet obtenu un soutien politique massif à la démarche dure qu’elle a décidée à l’encontre de la Russie.

Elle est également tombée à pic pour ses partenaires occidentaux en leur permettant de faire diversion sur les différends multiples qui ont distendu leur front commun et miné la confiance à la base de l’alliance atlantiste. La question que l’on est en droit de se poser même au risque de la voir être attaquée comme émanant d’un esprit acquis au complotisme est celle de savoir comment le président russe Vladimir Poutine dont l’intelligence et l’habilité tactique ont fait leur preuve ait pu offrir à Theresa May et aux puissances occidentales l’affaire qu’ils exploitent aux dépens de la Russie pour se dépêtrer l’une de ses problèmes politiques en interne et les secondes pour taire leurs divergences et faire front commun contre son pays.

La question vaut d’autant à être posée qu’à considérer que si comme prétendu par Londres et appuyé par ses alliés c’est le Kremlin le commanditaire de la tentative d’empoissonnement de l’ex-agent double, Poutine paraît avoir commis à la légère une faute qui se met en travers de ses efforts qui visent à faire de la Russie un acteur respecté et accepté sur la scène internationale et cela même alors qu’ils sont en train de porter leurs fruits et que son pays s’apprête pour deux évènements cruciaux : l’élection présidentielle à laquelle il est candidat et la Coupe du monde qui va avoir lieu très prochainement en Russie.

Dans ces conditions, rien que le timing choisi pour la tentative d’empoisonnement soumet à doute certain la piste russe si rapidement pointée par Londres et les autres capitales occidentales, sans compter que son mode opératoire suggère trop explicitement l’implication russe en étant le même ayant été employé dans d’autres affaires d’empoisonnement attribuées à l’ex-KGB puis au FSB, le service secret russe qui lui a succédé. A supposer que Poutine ait ordonné la liquidation de l’ex-agent double, c’est un autre timing et un autre mode opératoire que le FSB aurait choisi pour entreprendre l’opération. A moins de considérer, comme veulent le faire croire les milieux anti-russes, que Poutine aurait perdu toute mesure et intelligence dans la conduite des affaires où se jouent les intérêts géopolitiques et stratégiques de son pays. Ce que dément sa gestion des dossiers les plus cruciaux y ont trait.

KH.H

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *