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Syrie : la trêve tient, Moscou en quête d’un soutien de l’ONU à son plan de sortie de crise

Syrie : la trêve tient, Moscou en quête d’un soutien de l’ONU à son plan de sortie de crise

ALGER – La violence a considérablement baissé au deuxième jour de la trêve en Syrie, pendant que la Russie, à l’origine, avec la Turquie, de ce cessez-le-feu, poursuit sa quête en vue d’obtenir le soutien des Nations unies à son plan prévoyant une cessation des hostilités et des négociations à Astana.

Pour le deuxième jour consécutif, « le calme régnait dans la plupart des régions syriennes », malgré les quelques accrochages signalés entre les forces syriennes et des groupes terroristes. Exclus de l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur jeudi à minuit, heure locale, l’organisation terroriste autoproclamée

« Etat islamique » (EI/Daech) et Fateh al-Cham, rendent très difficile une application du cessez-le-feu, comme lors des précédentes trêves en Syrie, qui avaient volé en éclats après quelques jours.

Depuis le début de la trêve, +la première depuis septembre+, deux civils ont été tués, l’un par un tireur embusqué à Douma près de Damas et l’autre dans un bombardement près de Wadi Barada.

Le cessez-le-feu entre le gouvernement et l’opposition syriens, impliquant 13 groupes armés (soit 60.000 éléments) hormis les groupes terroristes, a été adopté en vertu d’un accord conclu sous l’égide de la Russie et de la Turquie.

Le chef de la diplomatie syrienne, Walid Mouallem, a déclaré que le cessez-le-feu offrait une « véritable occasion » de trouver « une solution politique » au conflit, tandis que l’émissaire de l’ONU pour la Syrie Staffan de Mistura, a dit espérer que le nouveau cessez-le-feu « facilite l’apport d’aide humanitaire » dans le pays et aboutisse à des « entretiens productifs à Astana ».

Astana, une étape complémentaire à celle de Genève

La réunion d’Astana (Kasakhstan), sous l’égide de Moscou, de Téhéran, et d’Ankara, précédera les négociations interysriennes, qui doivent être organisées par l’ONU le 8 février à Genève.

La Russie espère obtenir le soutien du Conseil de sécurité de l’ONU à son initiative, via une résolution « à l’unanimité ». L’ambassadeur russe à l’ONU Vitali Tchourkine a indiqué avoir soumis un projet de résolution pour « entériner » le plan, en espérant un vote samedi.

Il « n’y a ni concurrence ni double emploi » entre ces pourparlers d’Astana et ceux convoqués par le médiateur onusien, Staffan de Mistura, pour février en Suisse entre le gouvernement syrien et l’opposition, a plaidé M.Tchourkine.

Les Etats-Unis, écartés de ces négociations sur le cessez-le-feu, ont malgré tout salué « une évolution positive ». « Tout effort pour arrêter la violence, épargner des vies et créer les conditions pour une reprise des négociations politiques constructives est le bienvenu », a réagi le porte-parole de la diplomatie américaine, Mark Toner.

Absents à la récente rencontre de Moscou dont est issu le cessez-le-feu, les Etats-Unis, par la voix du secrétaire d’Etat John Kerry, avait qualifié la réunion tripartie (Russie-Iran-Turquie) de Moscou d' »une initiative multilatérale supplémentaire » pour tenter de parvenir à une paix durable en Syrie et « salué tout progrès sur cette voie ».

En revanche, c’est la première fois que la Turquie parraine pareil accord après son rapprochement avec Moscou. Astana n’est pas « une alternative à Genève », a déclaré le ministre des Affaires étrangères turc, Mevult Cavusoglu, mais « une étape complémentaire ».

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, lui, a qualifié l’accord de cessez-le-feu d' »occasion historique » de mettre fin à la guerre qui ravage la Syrie.

Espoir et scepticisme à l’ONU              

Après l’examen lors de consultations à huis clos vendredi matin au Conseil de sécurité de ce projet de résolution, certains diplomates du Conseil se sont toutefois montrés circonspects, voire sceptiques, sur la possibilité d’adopter rapidement le projet russe de résolution. « Nous allons l’examiner et nous avons besoin de temps, il faut l’examiner soigneusement », a souligné un diplomate occidental. Il y a encore « beaucoup de questions sans réponse », a noté un autre.

« Les Russes n’ont pas nécessairement encore les neuf voix, sur 15 pays membres, nécessaires à une adoption », a également précisé un diplomate, soulignant que vendredi, seuls le Venezuela et la Chine s’étaient dits prêts à passer au vote.

A  Astana, outre le gouvernement syrien, les représentants de la Turquie, de l’Iran et de la Russie, devraient s’y rendre pour participer aux négociations. Côté opposition, le Haut Comité des négociations (HCN), regroupant une grande partie de l’opposition syrienne, a assuré à Ankara Oussama Abou Zeid, conseiller juridique auprès des groupes de l’opposition tolérés par Damas.

Le conflit en Syrie a fait plus de 310.000 morts et des millions de réfugiés depuis mars 2011.

 

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