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Lutte contre la migration irrégulière 13 04 2017

Lutte contre la migration irrégulière: l’UE accorde une aide de 90 millions d’euros à la Libye

Lutte contre la migration irrégulière: l’UE accorde une aide de 90 millions d’euros à la Libye

BRUXELLES – L’Union Européenne (UE) a annoncé mercredi l’octroi d’une aide de 90 millions d’euros à la Libye pour empêcher les migrants de gagner l’Europe via la route de la Méditerranée centrale.

Officiellement, le programme de 90 millions d’euros adopté par le fonds fiduciaire d’urgence en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique vise à « renforcer la protection et la résilience des migrants, des réfugiés et des communautés d’accueil en Libye ».

Selon l’Organisation internationale de la migration (OIM), la route de la Méditerranée centrale a été, en 2016, la principale voie d’accès à l’Europe pour plus de 180.000 personnes, venues en grande majorité d’Afrique, à travers la Libye.

Elle continue également de provoquer de nombreux décès avec plus de 10.000 noyades recensées en Méditerranée depuis 2014, dont 5.000 rien qu’en 2016.

Les chiffres des traversées de la Méditerranée centrale inquiètent les dirigeants européens, décidés à verrouiller cette route, deuxième grand axe de migration après la route des Balkans.

En effet, après l’accord scellé en mars 2016 avec la Turquie et la quasi-fermeture de la « route des Balkans », laissant, pour seule voie « praticable », celle de Méditerranée centrale, les Européens veulent s’appuyer sur la Libye pour tenter de freiner l’afflux en Europe des migrants, notamment africains.

Pour arrêter les migrants africains avant qu’ils n’atteignent l’Europe, les dirigeants européens s’appuient sur les garde-côtes libyens, qui ont reçu des équipements, pour empêcher les traversées. Des formations leur ont même été dispensées.

Les Européens comptent également sur l’Organisation mondiale de l’immigration (OIM) et le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) pour lesquels des aides seront allouées pour prévenir les arrivées en Libye à partir des pays voisins d’Afrique.

A travers ces aides, l’UE compte également soutenir les camps où les migrants seront retenus « jusqu’à leur expulsion ou leur retour volontaire dans leur pays d’origine ».

Un document interne élaboré par le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) dont des extraits ont été publiés, il y a près d’une année, dans la presse, esquissait déjà un projet d’accord avec le nouveau gouvernement libyen pour stopper la traversée des migrants vers l’Italie.

Dans le cadre d’une coopération avec l’UE, les autorités libyennes pourraient ainsi mettre en place des « centres d’accueil temporaires pour migrants et réfugiés « , est-il préconisé dans le document qui souligne la possibilité d' »envisager la création de centres de détention ».

Le 25 janvier dernier, la Commission européenne a présenté de nouvelles propositions visant à juguler le phénomène migratoire via la route de la Méditerranée centrale.

Cependant, si dans le cadre de l’accord controversé avec la Turquie, l’UE s’est engagée à apporter une aide de 6 milliards d’euros, l’enveloppe consacrée à la Libye pour empêcher les migrants d’atteindre l’Europe est bien plus réduite: elle ne dépasse pas les 400 millions d’euros.

Plusieurs ONG de défense des droits de l’homme ont dénoncé les décisions de l’UE vis-à-vis des migrants et des réfugiés.

 

 

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