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Interview
 : Présidente de l’association culturelle El Hachemi Guerouabi : « Hassiba Ben Bouali est une icône de la liberté »

Interview
Chahra Guerouabi



Présidente de l’association culturelle El Hachemi Guerouabi

« Hassiba Ben Bouali est une icône de la liberté »

Propos recueillis par Mohammed Chouaki

Chahra Guerouabi livre ici ses ressentis par rapport à cette journée internationale des femmes. Impliquée dans le monde de la culture à travers son association qui sauvegarde la mémoire de son défunt mari, le Maître incontesté du châabi, le chant populaire algérien, El Hachemi Guerouabi, elle fait le tour de la situation. 




– Le 8 mars a-t-il un sens pour vous ?

Bien évidement, comme pour toutes les femmes qui militent pour plus de droits, de considération et de respect. Pour moi, cette journée est une journée symbole pour se rappeler les souffrances de beaucoup de femmes dans le milieu familial ou dans les conflits et les guerres à travers le monde. Ce qui arrive dans les pays arabo-musulmans en est la parfaite illustration. La femme palestinienne souffre depuis des lustres, la femme irakienne depuis déjà quelques années et la femme syrienne depuis plus de 5 ans.
 Mais il n’y a pas que dans ces pays où la situation de le femme est difficile et même insoutenable. Là où le poids des mauvaises traditions règnent, la femme n’est pas considérée, elle est même dénigrée, oppressée et même réduite à l’esclavage de tous sortes. Oui, dans certains pays, elle est toujours esclave de « l’homme » comme dicté par « l’homme ».


- Que signifie que d’être femme de culture dans une société où la profession est souvent perçue négativement ?

C’est un défi, mais avant que ça ne soit le cas, c’est une manière de se faire entendre et dire les choses et surtout dire que nous existons en tant que « Femmes ». La culture et l’art sont des mondes de lumière et d’ouverture d’esprit, c’est également un espace de revendication qui peut apporter ses fruits, parce qu’il a cette capacité de captiver et d’attirer l’attention. Oui, c’est une profession souvent perçue négativement, et pour cela il faut faire face et dire que l’art est beauté au contenu humain profond. Il faut savoir et préciser que c’est l’esprit rétrograde qui refuse l’art.

– Etre artiste est-une forme de combat et de votre affirmation en tant que femme ?
Oui, mais il n’y a pas que l’art dans ce combat que mène la femme pour son émancipation des traditions qui refusent de la reconnaître comme étant une femme à part entière tout comme l’homme. L’art est l’une des formes de ce combat qui dure depuis des siècles, mais il n’est pas le seul, d’autres femmes se sont imposées par leur intelligence, leur détermination et leurs compétences dans différents domaines de la société.


- Le 8 mars 2017 est arrivé dans un contexte où l’art et la culture sont impactés par la crise économique en Algérie. Comment vivez-vous cette réalité même si on sait que vous vos actions sont également à l’étranger ?
Le monde de l’art et de la culture est touché par cette situation qui ne favorise pas l’épanouissement et l’action. Oui, la crise a touché ce secteur au point où bon nombres de projets n’ont pu voir le jour, c’est dommageable, parce que si au milieu de la crise d’ordre économique on rajoute une « crise culturelle », cela se répercute sur la société. Et puis, pour dire vrai, les actions de la culture et de l’art coûtent généralement moins chères que les grands projets économiques et sociaux.


- Si vous deviez choisir pour ce 8 mars un exemple de femme qui soit un modèle à vos yeux, ce serait lequel ?
J’admire beaucoup de femmes, en Algérie, en France et à travers le monde, et ce en passant par toutes les époques de l’histoire incroyable des femmes. A titre d’exemple, j’ai une admiration particulière pour la sagesse d’Indira Gandhi, j’ai une grande fascination pour la détermination et la forte personnalité de Margaret Thatcher et j’ai beaucoup de respect et de plaisir à lire les écrits d’Assia Djebbar et Ahlem Mosteghanemi. Mais, une femme modèle serait pour moi notre grande moudjahida et militante qui a donné sa vie pour la liberté et l’indépendance de l’Algérie, Hassiba Ben Bouali. Au delà du modèle, c’est une icône de la liberté.

CH.M

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