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Résolution de conflits 15 02 2017

Résolution de conflits: la communauté internationale appelée à privilégier le concept d’équipe de médiation

Résolution de conflits: la communauté internationale appelée à privilégier le concept d’équipe de médiation

BRUXELLES – Le Ministre d’Etat, Ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra a appelé, mardi à Bruxelles, la communauté internationale à privilégier « l’équipe de médiation » comme instrument de la diplomatie en matière de gestion et de résolution des conflits pour une meilleure « efficacité ».

« Nous sommes arrivés à la conviction que le médiateur traditionnel de grandes qualités, de capacités de persuasion hors du commun s’efface de plus en plus au profit de l’équipe de médiation », a-t-il déclaré lors d’une Conférence de haut niveau sur la médiation.

Le chef de la diplomatie algérienne a affirmé qu' »une équipe de médiation est certainement préférable à un seul individu », faisant remarquer que cette pratique est « courante en Afrique ».

Selon Lamamra, l’Afrique dispose d’une expérience « riche » en matière de culture de médiation, citant pour preuve le concept de l’arbre à palabres, une pratique africaine ancestrale utilisée pour débattre et régler des conflits au sein d’une communauté.

Si la médiation demeure le moyen le plus délicat et le plus élaboré de résoudre une crise ou un conflit, le ministre a estimé que l’inclusion dans un processus de médiation de toutes les parties aux problèmes pour qu’elles deviennent parties à la solution est une « nécessité ».

Evoquant les enseignements tirés des différentes médiations réussies par l’Algérie depuis son indépendance, le ministre a estimé que l’inclusion dans ces différents processus de médiation d’autres partenaires tels que les Etats-Unis d’Amérique et l’UE dans la résolution du conflit entre l’Ethiopie et l’Erythrée, ou l’OCI, l’UE, les Etats-Unis, l’UA et la CEDEAO dans les négociations de l’accord de paix au Mali, a contribué au succès de la médiation.

« C’est par ce que nous avons formé des équipes homogènes, que les parties aux conflits ont compris la nécessité de coopérer et ont accepté de faire des compromis », a-t-il expliqué, mettant l’accent sur l’importance de « la complémentarité, l’inclusivité et l’intégration ».

  1. Lamamra qui s’exprimait devant ses homologues et médiateurs réputés d’Afrique et d’Europe dont l’ancien président finlandais et prix Nobel de la Paix, Martti Ahtisaari, le sénateur américain George Mitchell, l’envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie Staffan de Mistura ainsi que d’autres praticiens de la médiation, a regretté « l’absence de continuité » dans le mécanisme des Nations unies en matière de médiation.

Citant le cas de la Libye dont le nouveau secrétaire général de l’ONU s’apprête à désigner un nouvel émissaire, le 5ème depuis la chute du guide libyen Maâmar El Guedhafi en 2011, pour tenter de surmonter l’impasse politique, le chef de la diplomatie algérienne a estimé que ces changements « peuvent être préjudiciables à la nécessité de cohérence dans la démarche » de médiation.

« Dans la conduite d’une médiation, il faut avoir des priorités », a-t-il plaidé, relevant l’importance d’affiner les méthodes  suivant la variété des typologies de crises et de conflits.

L’envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura a estimé que la priorité dans un processus de médiation est la recherche de « plus d’adhérents » à la démarche pour augmenter les chances de succès d’une solution durable.

Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders a affirmé de son côté que la médiation doit aussi plus se situer dans le contexte du développement durable de la paix. « Anticiper pour empêcher de retomber dans un conflit et élaborer des structures démocratiques capables de subsister en cas de nouvelles tensions », a-t-il préconisé, plaidant pour une contribution de la communauté internationale.

Il a rappelé que le slogan de la candidature belge pour un siège non permanent au Conseil de Sécurité des Nations Unies pour la période 2019/2020 est ainsi mis en pratique : « Bâtir le consensus, agir pour la paix ».

L’ancien président finlandais et prix Nobel de la Paix, Martti Ahtisaari a présenté, à l’occasion de cette conférence, son expérience en matière de facilitation du processus de paix entre le gouvernement d’Indonésie et le mouvement de libération d’Aceh, et en tant qu’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies pour le processus sur le futur statut du Kosovo, ainsi qu’en tant qu’envoyé spécial des Nations unies pour la Corne de l’Afrique.

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