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Interview de Amina Karadja 14 08 2016

Interview de Amina Karadja « La musique andalouse a bercé mon enfance »

Interview  de Amina Karadja
« La musique andalouse a bercé mon enfance »

Paris propos recueillis par : Fayçal Charif

Elle est reconnue aujourd’hui comme l’une des plus belles voix andalouse en Algérie. Une belle voix venue de Tlemcen qui a sillonné toute l’Algérie, et qui aujourd’hui, sous d’autres cieux, fait répandre ce genre musical attrayant et envoûtant du patrimoine musical algérien. Certains critiquent son interprétation l’accusant de faire muter le genre andalou, d’autres par contre, considèrent son travail de recherche musical de grande audace et reconnaissent sa réussite dans le domaine. Mais le seul juge reste ses fans et son large public qui adorent le style Amina Karadja.

Vous êtes née à Tlemcen. Cette ville a-t-elle été pour quelque chose dans votre parcours artistique ?

Sûrement. Cette ville, comme d’autres villes d’Algérie, est collée au genre musical andalou. J’ai ouvert les yeux dans cette belle ville qui respire l’art et la musique andalouse. Cette musique a accompagné mon jeune âge et ses mélodies ont toujours été tout près moi. Une attirance particulière pour les rythmes et les notes d’une musique berceuse de mon enfance. Très jeune, j’ai vite intégré le conservatoire de Tlemcen. A l’époque, c’est la guitare qui m’avait séduite et depuis, j’en ai fait ma compagne.

– Votre parcours a commencé à prendre forme à partir de 1980, quelles ont été les étapes ?

Dès l’année 1980, j’ai pris place dans l’orchestre de Mustapha Belkhodja. Soliste dans la prestigieuse troupe, devenue El Kortobiya, j’ai une les belles occasions de participer à de nombreux festivals en Algérie, en France et en Andalousie sous la direction du Maître Cheikh Salah Boukli Hacène. C’est d’ailleurs lui qui m’a fait confiance et m’a mis en confiance comme soliste. En ce début de carrière, j’ai également connu l’artiste Fawzi Kalfat, membre de l’orchestre, qui m’a beaucoup appris.

– En 1985, vous vous lancez presque en solo et l’aventure commence, non ?

Oui, dans une certaine mesure, mais j’ai toujours aimé les créations et l’ambiance de l’orchestre. J’ai toujours rêvé d’avoir mon propre orchestre et aujourd’hui c’est fait. Les dernières années 80, j’ai me suis lancée vraiment en produisant plusieurs albums, et en assurant de nombreux concerts, en Algérie et à l’étranger. J’aimais chanter pour soutenir et apporter mon soutien aux différentes associations caritatives et j’étais très sensible aux causes qui touchent l’enfance. C’est d’ailleurs dans ce contexte que j’ai été sollicitée pour me produire lors d’actions humanitaires en Algérie et j’ai même été invitée à l’Institut du Monde Arabe lors d’un concert caritatif.

Avec le temps, le travail et la persévérance, je suis devenue une musicienne et chanteuse (qui apprend toujours) d’andalou. Durant toute ma carrière, j’ai été couronnée de nombreux prix d’interprétation, qui me procurent aujourd’hui encore de la fierté et de la joie, mais le plus délicieux des prix et celui du festival Arabo-Andalou de Tlemcen en 1982, ma toute première consécration.

– Vous êtes dans le répertoire Andalou, Hawzi et Aroubi, mais aussi le Chaabi. Peut-on dire que ce mélange agréable a fait le style d’Amina Karadja ?

Je ne sais pas, c’est aux critiques de le confirmer ou l’infirmer. C’est aussi au public d’apprécier. Ce qui est certain, c’est que je travaille mon répertoire pour sauvegarder le patrimoine avec toute sa richesse et sa diversité, en apportant une touche d’originalité et de modernité. Je ne touche pas le fond du répertoire, ni aux textes d’ailleurs, mais je rajoute du rythme avec à l’esprit l’idée de faire connaître cette musique ailleurs qu’en Algérie, surtout en France là où je réside actuellement.

– Votre album « Alhambra Ô Coeur » a fait du bruit, et le clip qui lui est consacré a beaucoup plu. C’est une nouvelle approche artistique de votre part ?

C’est dans le même registre de mon travail musical, mais c’est surtout l’aboutissement d’un rêve que j’ai enfin pu réaliser. Le projet a longtemps été un secret bien caché en moi. C’est un album classique-andalou qui a respecté les mélodies et gardé l’âme de la nouba. Il a été produit avec des musiciens de tous bords, qui tous, chacun de son côté, ont apporté un plus au produit final.

L’aventure musicale se poursuit ?

J’y compte bien. Avec de grands projets et des rêves aussi. Mon objectif est de faire connaître encore plus cette musique andalouse à l’algérienne et à travers elle et grâce a elle, ouvrir les portes du patrimoine musical algérien sur le monde.

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