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Interview Ahmed Ait Ouali 
Ahmed Aït Ouali 10 08 2016

Interview Ahmed Salim Aït Ouali « Je suis dans un monde irréel qui raconte le réel ! »

Interview

Ahmed Salim Aït Ouali « Je suis dans un monde irréel qui raconte le réel ! »
Paris par : Fayçal Charif

Il fait dans la recherche littéraire. Poèmes, écrits et analyses. Il a toujours aimé ça, et il adore transmettre le beau dans le texte. Maîtrisant le Tamazight, Ahmed Aït Ouali, ce journaliste critique, ce poète incompris, s’est adonné à la traduction. Du Tamazight à l’arabe et de l’arabe au Tamazight, il voyage et fait voyager son monde sur les nuages des poèmes de Mahmoud Darwich et de Lounis Aït Menguellat…la virée vaut vraiment la chandelle.
Alors, ce travail de recherche, la traduction, vous en-êtes où ?

Je suis en plein dedans et j’avance quand je veux et comme je veux. Je ne suis tributaire que de la qualité de mon travail. Mon approche est de traduire des textes poétiques du Tamazight à l’arabe et de l’arabe au Tamazight de deux grands poètes, le palestinien Mahmoud Derwich et de l’algérien  Lounis Aït Menguellat et les partager. La beauté est dans la découverte du texte dans une autre langue. D’autres travaux de recherche et de traduction sont également en cours.

Pourquoi spécialement ces deux poètes ?

Tout d’abord, parce que ce sont deux poètes que j’apprécie beaucoup. Leurs écrits sont d’une extrême profondeur et d’une incroyable audace poétique. Darwich est loin d’être présenté, c’est une sommité qui a fait de la cause palestinienne et de la déroute du monde arabe son cheval de bataille. Notre Aït Menguellat est un poète et artiste algérien d’une grande finesse poétique. Ses poèmes ne sont pas seulement amazigh et algériens, mais universels, lui qui se base beaucoup sur la mythologie greco-romaine et c’est ce qui fait la force de ses textes.
Dans mes travaux, j’ai voulu faire connaître Darwich à nos compatriotes, et autres, qui ne maîtrisent pas l’arabe littéraire et qui vivent avec le Tamazight. Et aussi faire connaître Aït Menguellat et sa poésie Amazigh à ceux qui ne connaissent pas cette langue mais maîtrisent l’arabe littéraire.

La tâche a du être laborieuse ? Ce n’est déjà pas évident de traduire des textes, alors là avec cette interaction entre les deux langues, ça devait être compliqué ?

Laborieux oui. Tout est dans le travail et la recherche. Mais le plus dur est de garder l’esprit du texte, son sens initial, ses sensations et ses ressentis. C’est une question de respect du texte et une persistance de le transmettre tel qu’il est écrit et senti par le poète.

Vous êtes sur ces travaux de recherche depuis 14 ans. L’aventure littéraire et poétique se poursuit toujours ?

J’espère bien ! Je suis dans ce monde de la poésie depuis mon jeune âge. Je suis « accusé » par mes ami(e)s d’être un passionné de ce monde irréel qui raconte le réel. Mes écrits journalistiques étaient très portés sur tout ce qui est culturel, tout comme mes émissions à la télévision algérienne. Mes émissions  à la radio chaîne II ont été un bel espace pour présenter mes traductions. A l’époque, j’avais traduit au Tamazight des textes de  Jean Sénac, Omar El Khayyam ou encore Gibran Khalil Gibran. Dans mes traductions également : l’indien Tagore, le turc Nazim Hikmat, le syrien Adonis et d’autres…

Vous avez beaucoup de récits, essais, poèmes, travaux de recherche littéraire…c’est quand que vous comptez éditer vos écrits ?

Le monde de l’édition en Algérie est compliqué et complexe. Les maisons d’édition ne sont pas à l’écoute de l’écrivain et sont dans leur bulle. Ce n’est pas ma priorité l’édition sauf si les temps changent, si la donne change, si l’état d’esprit change…

Propos recueillis par : Fayçal Charif

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