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Fayçal Charif

L’Edito de Fayçal Charif

 

54e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie : L’histoire d’un peuple qui n’a jamais douté !

Par Fayçal Charif

Chaque année, à cette date, en ce jour, en ces moments mémorables, on s’arrête et on regarde notre passé lointain et proche. Les images défilent à une cadence vertigineuse. On se rappelle, on se remémore, on se souvient. Le soir, comme depuis 54 ans, on pose le grand questionnement : Qu’avons-nous fait de notre indépendance, de notre liberté ?

Après 132 longues et pénibles années de colonialisme faites d’oppression et d’humiliation, de déracinement et de déchirements, de peines, de larmes et de sang, durant lesquelles le peuple algérien n’a jamais baissé les bras, jamais abdiqué. De 1830 à 1962, des générations entières d’algériens ont vécu le calvaire d’un colonisateur qui voulait les richesses de la terre Algérie et la négation du peuple algérien. Un peuple qui a tout connu sous l’ère du colonialisme français : la misère, la famine, la pauvreté, l’ignorance et par dessus tout, l’oppression morale et physique.

Du Dey Hussein à Salah Bey, de l’Emir Abdelkader à Cheihk Bouamama, d’El Mokrani à Cheikh Boubaghla, de cheikh El Haddad à Lalla Fatma n’ssoumer, l’amour de la liberté et de l’indépendance de l’Algérie n’a jamais faibli. Les révoltes de Ouled Sid Echeikh, Zaatcha, Enemmacha et des colères populaires ici et là à travers tout le territoire durant tout l’ère colonial sont là pour crier haut et fort au visage de l’histoire que l’Algérie n’a jamais perdu l’espoir qu’un jour elle chasserait à jamais la France coloniale.

Un peuple de cette trempe, résistant, courageux et éternellement fier qui a connu les affres du colonialisme le plus féroce de son époque, a su se relever et lancer l’une des plus célèbres  des révolutions des temps modernes. Même volée, confisquée et détournée plus tard, cette révolution a marqué à jamais l’histoire du peuple algérien et a initié la liberté au autres peuples opprimés.

L’histoire retiendra qu’au bout d’un nombre incalculable de révoltes et d’insurrections contre l’état de fait instauré par l’administration française et contre la mise en exécution de lois réduisant l’Algérien à un « Khemmas », puis « indigène », les algériens ont décidé d’aller chercher leur liberté dans le mouvement nationaliste.

Quand en 1930 la France coloniale célébrait en fanfare les 100 ans de sa présence en Algérie, des algériens qui croyaient à la nation algérienne se concertaient et s’organiser pour lutter autrement. Au delà des divergences et des moyens à mettre en avant pour la lutte, des noms vont marquer l’Algérie après un siècle de colonialisme. Ce qui est certain, c’est que des noms, aujourd’hui souillés, salis et oubliés, de Messali El Hadj, Abdelhamid Ben Badis à Ferhat Abbass et tant d’autres, ont oeuvré chacun de son côté et avec sincérité pour que la révolution du peuple puisse avoir lieu un jour.

15 ans plus tard, la fin de la 2e guerre mondiale fait sortir les algériens dans la rue demandant à la France de tenir sa promesse de donner plus de droits aux algériens et de les considérer comme des citoyens à part entière. Des incidents sanglants et tragiques survenus dans de nombreuses villes d’Algérie, dont Guelma, Sétif et Kherrata allaient faire 45 000 victimes innocentes, tuées de sang froid par l’administration coloniale.

A partir de cette date, la cassure est consommée et les leaders politiques algériens et avec eux tout le peuple ont compris que la France ne lâchera jamais l’Algérie, et qu’elle est prête à exterminer tout un peuple s’il le faut. La suite leur donnera raison.

1945-1954. Il a fallu dix ans pour se préparer et annoncer au monde qu’un peuple a décidé de s’émanciper et d’en finir avec le colonialisme. Le 1er novembre de cette année fatidique de 1954, un ensemble de jeunes algériens, instruits, décidés et déterminés, donnent leur vie pour que vive l’Algérie libre et indépendante. Ils ont pour noms : Larbi Ben M’hidi, Abane Ramdane, Krim Belkacem, Mohamed Boudiaf, Amirouche, Si L’houass et beaucoup d’autres. Et des femmes aussi, les belles d’Algérie : Djamila Bouhired, Djamila Boupacha, Djamila Bouazza, Ourida Meddad, Malika Gaïd, Hassiba Ben Bouali et tant et tant d’autres.

Après une guerre sans merci de 7 ans et demi, après la torture, les exécutions, le napalm, les déportations des populations et après 1 million et demi de martyrs, l’Algérie est enfin libre…c’était un 5 juillet 1962. Il y a de cela 54 ans.

Ce 5 juillet 2016, comme toutes les années précédentes depuis l’indépendance, nous allons se rappeler les chouhadas, nous allons rendre hommage à ceux qui restent de nos valeureux (et authentiques) moudjahidines, nous allons honorer nos vaillantes moudjahidates qui sont toujours en vie, qui elles vont nous parler et pleurer pour celles qui sont mortes sous la torture ou dans le champ d’honneur des batailles. Nous allons fêter ce jour avec les larmes et la fierté d’un peuple qui n’a jamais douté, même après 132 ans de colonialisme.

Mais, au soir de ce beau jour, et comme toutes les années précédentes depuis l’indépendance, juste avant de fermer les yeux, beaucoup d’algériens vont poser la fatidique question : Qu’avons-nous fait de de notre indépendance, de notre liberté et de notre Algérie ? Est-ce vraiment l’Algérie dont ont rêvé nos glorieux martyrs qui ont donné leurs vies pour nous et nos enfants ? Et ce jour au symbole sacré, a-t-il été transmis de la manière la plus vraie et sincère aux générations qui ont sont nées après 1962 ?

C.F

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