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Linda Bougherara 25 06 2016

Linda Bougherara : Des couleurs et des formes universelles

Linda Bougherara : Des couleurs et des formes universelles 

Paris par : Fayçal Charif

Artiste plasticienne vivant entre Paris et Alger, Linda Bougherara raconte son vécu à travers ses oeuvres. Réservée dans le discours, mais audacieuse dans ses créations, elle façonne dans l’art des messages d’hier pour aujourd’hui et demain avec des touches humaines et universelles. Cette femme au regard profond et lointain, au sourire accrocheur et au rire séduisant, est une artiste décidée et déterminée portant son Algérie dans son coeur et dans ce qu’elle façonne. Elle s’est prêtée à coeur joie à notre jeu questions-réponses.

– Comment êtes-vous devenue artiste ?

Je ne sais pas, mais je pense que c’est grâce à la beauté d’Alger et de l’Algérie. Mon pays est ma source d’inspiration première. Etant née à Alger et vécu dans sa grande cité, j’ai puisé dans ses beautés de tous genres. Ayant sillonné l’Algérie de bout en bout, j’ai capté toutes ses couleurs et toutes ses saveurs. Ayant également connu de très près les Aurès, j’ai été épris par les us et coutumes, les traditions et les habitudes, les paysages et la vie des gens et j’en ai fait mon trésor. J’ai toujours aimé l’art, et de par ce que j’ai vécu, enfant et adolescente, j’ai transcrit mes sensations et mes ressentis dans des oeuvres. A ce jour, mon pays m’inspire et je m’y rends souvent pour me ressourcer.

– Forcément, vous avez fait l’école des beaux arts d’Alger ?

Bien évidement, l’école des beaux arts d’Alger est incontournable. Une bonne et belle école qui vous confectionne des ailes pour voler dans le monde de l’art. On y entre pour apprendre, découvrir et se perfectionner, puis on part vers notre destinée.

– Que représente l’art plastique pour vous ?

Jadis, c’était presque un jeu de peindre ou de façonner quelque chose pour lui donner vie, mais aujourd’hui, c’est un moyen d’expression, une façon d’être et de dire les choses. Je ne vis qu’avec ça et je vis que pour ça. J’adore être sur des projets de création, je me fonds dedans et je donne vie à une histoire, un vécu, un goût, une sensation ou à un geste. Je traduis ce que je ressens et je le transmets dans une oeuvre, tout comme un écrivain qui diserte, un musicien qui joue de l’instrument ou un chanteur qui interprète.

– Quel est le contenu de votre art ?

Je suis portée dans mes créations sur les couleurs des teintures traditionnelles. Je vis mon présent et je l’exploite pour mon art, mais je puise dans mon passé d’enfant et d’adolescente pour reproduire les belles choses qui m’ont marquées. C’est ce que je veux transmettre comme art et dans lequel je livre de profonds messages d’amour et de paix. Que ça soit un tableau, ou une « matière » dont je donne vie, couleur et forme, je m’applique dans mon travail pour que ça devienne humain et universel, avec pour idée principale : toucher l’humain.

– Vous exposez en France, en Europe et vous avez même été au Maroc pour une représentation. Et en Algérie ça se passe comment ?

Depuis mon exil, il y a 21 ans, je n’ai jamais arrêté de produire. Ici, en France, j’ai vu naître en moi un besoin de dire et de raconter, une envie de transmettre la beauté de mon pays aux autres. Je suis sollicité en France et je suis régulièrement invitée ici et là pour des expositions. Il y quelques semaines j’ai été au Maroc pour une installation d’œuvres en papier végétal, papier d’algues et pigments et des plantes aériennes et aquatiques transformées que j’ai nommée « Entre Terre et Mer ». Ma dernière apparition s’est faite à Paris à la galerie Pablo De Selva lors de la présentation durant un mois de mes peintures et créations « « Mémoires intimes ».
Maintenant en ce qui concerne l’Algérie, j’avoue que je n’ai pas la même considération, mais cela ne me décourage pas. J’ai beaucoup vécu en Algérie et je connais très bien l’état d’esprit. Je fais avec et je reste déterminée comme à chaque fois pour exposer. Ce que je fais devrait être accueilli à bras ouverts dans mon bled. Dommage, ce n’est pas le cas. Malgré cette contrainte, j’ai fait quelques expositions en Algérie. De nature positive, je vois la suite avec optimisme.

– Quel est votre prochain projet artistique ?

Je reste sur la même cadence de création. Quand l’inspiration est là, rien n’arrête la manifestation de l’art. Je reste également sur le même rythme pour exposer, avec ce rêve d’être encore plus présente en Algérie.

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